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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La perception peut-elle être objective ?

L’objectivité désigne la qualité de ce qui est propre à quelque chose, en dehors de toute affection du sujet. Elle suppose que l’on peut définir la réalité d’une manière fidèle à eux même. Quant à la perception, elle renvoie généralement à ce qui se présente devant nos sens, et par conséquent notre conscience. Spontanément, on peut donc dire que ce que l’on perçoit est le réel lui-même. Toutefois, comment alors expliquer que la perception puisse donner des connaissances instables et changeantes selon le sujet qui perçoit et selon les circonstances ? Si le rapport entre perception et réalité paraît évident, c’est parce qu’il est impossible de saisir la réalité sans la perception. Ce qui pose problème est donc, soit les limites de la capacité de la perception, soit l’évidence de la connaturalité entre le réel et les organes de la perception. Est-ce la réalité ou les organes sensoriels qui posent d’emblée l’objectivité ou la subjectivité de la perception ? Nous verrons d’abord dans quelle mesure la perception peut-elle être objective. Toutefois nous verrons aussi que l’objectivité ne se résume pas à la perception.

I. La perception comme saisie de la réalité


A. La perception est la marque de la présence du réel


D’abord, l’idée de perception peut renvoyer au contact corporel avec le réel. Plus exactement, elle serait l’unité des données qui sont reçues par nos organes de sens face à la présence des choses extérieures. Ce que nous percevons peut donc faire acte de témoignage des faits. Ainsi présentée, la perception est ce qui nous fait distinguer l’illusion de la réalité. Nous pouvons par exemple distinguer le rêve de la réalité concrète, car la perception dans le rêve n’offre pas la même qualité sensible d’un objet de la perception à l’état de veille. D’une manière plus générale, « la perception, entendue comme nous l’entendons, mesure notre action possible sur les choses et par là, inversement, l’action possible des choses sur nous », disait Bergson dans Matière et mémoire. De plus, la perception nous fait distinguer les êtres dans le monde réel. Elle pose l’identité de chaque chose selon la singularité de leurs données sensibles (forme, couleur, odeur…). Sans la perception, on ne pourrait mettre de l’ordre dans le chaos de la multiplicité des sensations. Ainsi, on peut interagir avec mesure dans le monde réel en reconnaissant quotidiennement ses objets.

B. La nécessité de la perception dans la saisie du réel


Ensuite, nous pouvons donc entrevoir que l’objectivité de la perception représente un enjeu considérable de l’ordre du cognitif (ce qui se rapporte à la connaissance). Si nous n’accordons pas une valeur d’objectivité à cet acte, soit une réception conforme à la réalité, il serait vain de parler d’une accessibilité réelle à notre intelligence. Il faut bien que celle-ci se base sur des données dignes de confiance, sinon tout serait alors une question de construction abstraite et sans consistance. Il faut ici s’opposer au solipsisme et à l’idéalisme. Les deux courants de pensée se rejoignent dans l’idée que le réel est rationnel : le premier pose que le réel est seulement une construction abstraite du sujet, tandis que le second soutient la connaturalité du réel et de l’esprit, faculté d’intelligibilité. Jean Hyppolite comprend cette dernière idée dans Essai sur la logique de Hegel : « La médiation reliant nature et Logos est le seul Absolu, puisque les termes ne sauraient exister indépendamment de cette médiation même ». Toutefois, les théories formulées par la seule raison sont souvent loin d’être conformes aux faits. Ces derniers sont d’une complexité telle que leur présence est tout sauf de l’abstraction. En ce sens, la perception semble donc se rapprocher du réel, contrairement à notre esprit qui a tendance à s’activer de manière abstraite.

On admet donc que la perception doit avoir une valeur d’objectivité pour espérer que le réel nous soit accessible. Toutefois, cela n’enlève en rien le bénéfice du doute sur sa pertinence à décrire fidèlement le réel, après toute la perception n’est-elle pas souvent instable ?

II. L’objectivité ne peut être le produit de la seule perception


A. La perception n’est pas le produit d’un rapport direct avec le réel


Il faut d’abord remarquer que le réel ne se présente jamais dans toute son authenticité, sinon on ne parlerait ni d’illusion ni d’erreur. Notre observation est parfois soumise à la subjectivité, c’est-à-dire à la versatilité des phénomènes et la relativité de nos perceptions. Autrement dit, « la perception est en apparence une intuition immédiate, intuitive. L’esprit semble passif, alors qu’il est actif. Le côté actif de la perception, l’esprit n’en a généralement par conscience », disait Jules Lagneau dans Célèbres leçons et fragments.  En fait, la perception n’est pas la pure sensation. Elle n’est pas une réception passive des données brutes de la réalité. La perception est l’organisation synthétique de nos sensations par l’entendement. Les données sensibles sont organisées dans un sens par l’entendement qui les interprète.  Dans cette interprétation, les habitudes et les sentiments entrent en jeu et par conséquent, forme différentes perspectives sur un même objet.

B. La perception doit donc être révisée par la raison


Enfin, on peut donc dire qu’une véritable objectivité n’est envisageable que par le concours de la raison avec la perception. La perception est certes le coproduit de l’entendement même, ce dernier étant l’acte de la raison qui donne sens et interprète. Elle est une faculté qui est sujette le plus souvent au préjugé et à l’opinion, si la réflexion fait défaut. Ainsi, l’entendement est en droit d’aiguiser sa capacité de problématisation. Cela consiste à analyser les fondements de nos jugements pour y repérer une ou plusieurs contradictions. Par cette action, même s’il n’est pas assuré que nous pouvons définir d’une manière absolue l’objet réel observé, nous pouvons au moins distinguer les affections qui n’ont pas de pertinence envers lui. Remarquons enfin que l’objectivité n’est pas la qualité d’un jugement qui correspond absolument à la réalité, mais la qualité d’un jugement qui respecte la définition propre d’un concept. Georges Canguilhem a dit dans Structuralisme et marxisme : « Comment se constitue une objectivité dans le moment ? Elle se constitue par un système de concepts en relation avec une expérience instituée ». Si on admet par exemple qu’il fait 27°C en plein jour, je ne puis énoncer objectivement un tel jugement sans l’observation d’un instrument adéquat qui correspond à ce concept qu’est le thermomètre, et qui mesure la température par unité de Celsius. En dehors de tout respect du concept, on est dans le terrain du subjectif. Le concept en lui-même serait corrompu par des qualités qui ne lui appartiennent pas proprement.

La perception paraît objective de sorte que les sens entretiennent un rapport direct avec le réel. La perception est ce qui distingue le réel de l’illusion et nous permet d’identifier la singularité de chaque objet réel. Plus fondamentalement, en dehors de la perception, tout n’est que pure construction abstraite. A la base de la perception se trouve l’expérience concrète qui révise ou rejette nos théories spéculatives. Toutefois, l’idée que la perception est un contact pur avec le réel est naïve, car elle est toujours accompagnée par la faculté interprétative de la raison qu’est l’entendement. Ce que nous percevons est toujours une facette partielle du réel, et non en soi, c’est-à-dire une représentation signifiée. Qui dit sens dit interprétation d’un sujet. La perception peut donc redéfinir le réel de manière subjective. Ainsi, pour définir des jugements objectifs, il faut les passer sous l’analyse de la raison critique. Cette dernière nous engage à distinguer les idées qui appartiennent aux concepts et les propos qui ne sont qu’apparence.
 






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