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Dissertation de Philosophie (corrigé) : La recherche de la vérité peut-elle être désintéressée ?

Être désintéressé signifie être poussé par le libre arbitre devant le jugement sur quelque chose, et faire abstraction du côté profitable ou avantageux de celle-ci. Peut-on décrire la recherche de la vérité selon cet angle ? Rechercher suppose une motivation, un désir, un besoin. Immédiatement, pour vouloir rechercher la vérité, cette dernière doit bien posséder une valeur. Mais de quelle valeur profitable parle-t-on ? Si la vérité est communément admise comme la qualité de la correspondance d’une idée à la réalité, il y certainement un aspect profitable qui fait que la vérité ne puisse jamais être gratuite et banale. Par définition, la vérité renvoie au souci d’objectivité, et sa recherche est donc un mouvement qui porte toute son attention sur la nature propre de l’objet. Nous sommes face à un sujet délicat, sachant que le sujet est tendu vers un objet intéressant, mais qu’il doit rester neutre et désintéressé face à cet objet. Le sujet peut-il s’effacer pour mieux concrétiser sa recherche ? Pour dénouer cette problématique, nous allons développer en premier lieu en quoi il semble impossible que la recherche de la vérité soit désintéressée. Toutefois, nous allons aussi voir en second lieu, que la recherche de la vérité dépasse l’idée de motivation intéressée.

I. La recherche de la vérité est toujours motivée


A. Dans ce qu’elle a fait profiter à l’existence humaine


D’une manière générale, le souci de la vérité suppose un intérêt pour ce qu’elle représente techniquement dans notre rapport vis-à-vis des choses. Plus précisément, si elle est le fondement d’une connaissance assurée, rappelons que pour évoluer avec certitude dans nos affaires, nous avons certainement besoin d’informations fiables. Une action serait ridicule si elle n’agissait que dans le vide et de manière contingente. Il faut qu’elle s’appuie sur une certitude dans le but qu’elle vise et de même dans son déploiement à travers un savoir-faire adéquat. Par conséquent, c’est dans son côté pratique que la vérité trouve sa valeur. Le philosophe pragmatique William James résume ainsi : « est vrai ce qui permet de prévoir et d’agir efficacement ».

B. Dans ce qu’elle a d’authentique dans notre rapport au monde


Il semble naïf de penser que l’esprit tend vers l’observation des choses avec gratuité. Face à l’étrangeté, l’esprit s’étonne naturellement. Ensuite, vient la curiosité dans le désir de connaissance. Or, ce désir porte un souci primordial, celui du logos ou de l’« ordre ». L’idée de vérité au fond ne définit pas seulement l’idée vraie qui correspond à ce qu’elle propose de définir. Elle définit plus profondément le besoin de saisir le monde dans des concepts universaux et permanents. Remarquons d’abord que l’idée de connaissance selon son étymologie cum nascere signifie « naître avec ». Ce sens littéral à la subtilité de suggérer que dans l’acte du connaître on s’approprie en quelque sorte l’objet de la connaissance. En fait, l’esprit tend à accommoder et à assimiler les faits à sa structure innée. Mais l’idée d’un réel rationnel remonte bien plus loin que dans l’acception moderne du concept de raison. On retrouve sa première implication avec Parménide qui fait l’injonction selon laquelle il faut choisir le postulat de la stabilité dans le monde, car sinon le réel serait donc en soi absurde, contingent et chaotique. Il dit : « De toute nécessité, il faut dire et penser que l’Être est, puisqu’il est l’Être ». Seule la voie de l’être est viable et celle du non être est à bannir. L’intérêt de la vérité est donc l’intérêt d’un esprit qui peut évoluer avec confiance dans le monde grâce à des savoirs fiables.

Il semble donc impossible que la recherche de la vérité puisse être dénuée d’intérêt. Le besoin pragmatique et le souci de l’ordre le confirment. Toutefois, ces observations ne suggèrent-elles pas que selon sa définition, la vérité constitue sa propre fin, donc détachée d’intérêt extérieur ?

II. L’amour de la vérité est désintéressé


A. Rechercher la vérité n’est pas assuré


D’abord, demandons-nous ce que vaut la vérité si on ne sait pas d’abord ce que l’on va trouver. Certes, on désire connaître, mais le résultat de notre quête est-elle déjà assuré ? La vérité n’est pas un horizon clair et les philosophes le savent depuis des siècles de débat. Kant, dans la Critique de la raison pure, à raison de dire : « La philosophie n’est que la simple idée d’une science possible qui n’est donnée nulle part in concreto, mais dont on cherche à s’approcher par différentes voies jusqu’à ce qu’on ait découvert l’unique sentier qui y conduit ». On dit communément qu’elle est l’idée conforme à la réalité. Mais est-ce suffisant à l’égard de ceux qui doutent de la capacité de notre raison à atteindre cette dernière? On dit qu’elle est la connaissance qui nous donne des moyens d’action, mais n’est-ce pas réduire le réel à ce qui n’est que techniquement exploitable ? On dit qu’elle est la connaissance universelle et éternelle des choses, mais là encore n’est-ce pas une condition de la rationalité qui s’impose au réel dès que nous constatons que ce dernier est multiple et instable ? En fait, le réel est trop complexe pour être réductible à l’un ou l’autre de ces sens de la vérité. La connaissance universelle nous entraîne à perfectionner la technique, tandis que les outils technologiques sont destinés à nous intéresser davantage à une étude scientifique du réel. Si les recherches ont été parsemées par des doutes, ce n’est donc pas une recherche intéressée, mais un exercice pur de la pensée.

B. La recherche authentique de la vérité n’est pas la recherche de la vérité


Ce qui semble paradoxal, c’est que la recherche authentique de la vérité dépasse l’intérêt de vérité. En effet, c’est un exercice de pensée qui tend seulement vers la vérité mais qui la produit éventuellement. Mais que signifie ici exercer sa pensée ? Il s’agit plus exactement d’entraîner l’éveil de l’esprit à travers la vigilance et la prudence du doute. Cet éveil est volontaire car pour douter il faut problématiser, c’est-à-dire poser volontairement des questions poussées sur les fondements des jugements pour éventuellement déceler les contradictions. En se basant sur les préceptes des anciens sceptiques, il ne s’agit pas de nier qu’il y ait une vérité, mais tout simplement d’observer et de soulever des problèmes. Il ne faut pas tout de suite penser à la vérité. Car nous le remarquons, le dogmatisme est fatal pour l’esprit, celui qui ne cherche plus tue l’esprit ou du moins la restreint dans des limites réductrices. C’est pourquoi Schopenhauer insiste sur l’importance de la métaphysique dans Le monde comme volonté et comme représentation : « Sans doute quand sa conscience ne fait encore que s’éveiller, il se figure être intelligible sans effort ; mais cela ne dure pas longtemps : avec la première réflexion, se produit déjà cet étonnement qui sera plus tard le père de la métaphysique ». Or le réel est bien vaste pour ne pas l’explorer à pleines dents. Aller jusqu’au bout, quitte à frôler la folie, nous commande même Descartes avec sa fameuse doute méthodique dans ses méditations.  Il s’ensuit que cet exercice de la pensée n’est pas une recherche mais une ouverture nécessaire à la vitalité spirituelle.

Comment rechercher la vérité sans s’en intéresser ? A première vue, l’idée d’intérêt persiste toujours dans la quête de la vérité. En effet, elle est au service de l’action parce qu’elle est une connaissance vraie et adaptée à la réalité. Fondamentalement, l’idée de vérité stable et permanente rassure une raison qui veut saisir le réel supposé irrationnel. Cependant, la recherche de la vérité n’est pas claire pour celui qui veut vraiment la saisir. Cette quête semble rencontrer des questionnements qui brouillent les pistes vers l’atteinte de l’idée de vérité. En fait, il vaut mieux penser à un bon exercice de sa pensée plutôt que de penser à la vérité en elle-même. Le doute est alors ce qui permet à l’esprit d’être toujours éveillé et de bien marquer le côté désintéressé de la recherche. La recherche de la vérité ne doit donc pas être circonscrite dans un horizon fini, mais dans un dépassement continu tant que l’esprit le peut.
 






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