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Dissertation de Philosophie (corrigé) : L'histoire est-elle une science impossible ?

L’histoire porte à la fois sur l’enchaînement des événements passés et leur analyse. L’historien est tenu de livrer des conclusions objectives malgré que la nature de son travail l’oblige à interpréter les faits. Catégorisée parmi les sciences humaines, cette discipline est problématique aux yeux du philosophe. La nature particulière de l’histoire amène à se demander si l’histoire ne serait pas une science impossible. Sachant que l’objet de l’histoire ne peut être observé directement, et que chaque élément est susceptible d’être remis en question, il est difficile de s’assurer de la pertinence de l’histoire. Les récits historiques, sujets à des critiques et des remises en question, méritent-ils le titre de science ? En vue de répondre à cette problématique, nous allons voir dans un premier temps que l’objet même de cette science entre en conflit avec le principe de scientificité. Puis, dans un second temps, nous démontrerons qu’elle revendique une forme de scientificité particulière.

I. L’histoire est une science compliquée


A. Les critères de scientificité non remplis


La science se définit comme une connaissance universelle, indiscutable, vraie pour tous en toute occasion. Elle se caractérise par les principes de scientificité, c’est-à-dire que les connaissances scientifiques sont vérifiables et reproductibles. Par exemple, il est facile de vérifier et reproduire l’expérience où l’eau bout à 100°C. Néanmoins, à cause de son objet d’études, l’histoire ne peut objectivement pas remplir les critères de scientificité. En effet, comme il s’agit de la « science des individus », elle centre son attention sur l’Homme. Et pourtant, le milieu humain est changeant ; ainsi il devient impossible d’en retirer des constantes, encore moins de mener des expériences. En plus, la science repose sur l’identification des principes de causalité. Voilà pourquoi Schopenhauer affirme que « si l’histoire était une science, elle serait une science des individus, c’est-à-dire des faits nouveaux, uniques, que l’on ne peut rapporter à aucun système. » Il ne s’agirait ni plus ni moins que des récits de vie dont la crédibilité est douteuse.

B. Un savoir construit sur des matériaux douteux


En histoire, les résultats de recherches ne répondent pas aux besoins du discours scientifique. Cournot s’exprime clairement dans Essai sur les fondements de la connaissance et sur les caractères de la critique philosophique : « La description d’un phénomène dont toutes les phases se succèdent et s’enchaînent nécessairement selon des lois que font connaître le raisonnement ou l’expérience, est du domaine de la science et non de l’histoire ». En effet, le matériau qui a permis d’aboutir aux conclusions du chercheur historien est incomplet. Constitués d’archives souvent endommagées aux pages manquantes ou illisibles, de vestiges archéologiques et de témoignages, ces traces du passé requièrent une interprétation. Or, ce processus utilise comme grille de lecture les connaissances de l’historien, ses représentations et système de valeurs qui influencent la production de sens. De ce fait, la connaissance construite est subjective, ce qui entre en totale opposition avec l’objectivité et l’impartialité inhérente à la science.

L’historien ne peut retourner dans le passé pour vérifier et établir avec certitude la chronologie des faits. Les conclusions de son analyse peuvent également être remises en question, étant donné leur part de subjectivité. Néanmoins, en tant que science, l’Histoire induit une nouvelle forme d’objectivité.

II. L’histoire est une science humaine à part entière


A. L’objet de l’histoire dicte la méthode à utiliser


La conception de la science de Schopenhauer entre en contradiction avec celle de Weber. Ce dernier distingue deux types de sciences : les « sciences de la nature » caractérisées par leurs lois fixes et rigides, d’un côté ; les « sciences du réel » dont l’objectif est d’identifier des constantes générales souples et évolutives, appelées « tendances », d’un autre côté. L’histoire fait d’ailleurs partie de la seconde catégorie. En effet, le milieu humain nécessite le recours à des lois plus flexibles que les milieux naturels. Ainsi, un événement particulier peut résulter d’une multitude de facteurs, tant directs que indirects. La tâche de l’historien consiste alors à se servir de son vécu, ainsi que des moyens à disposition pour établir l’interprétation la plus fidèle possible. Kant établit une définition plus souple de la science dans la Critique de la raison pure : « La croyance suffisante aussi bien subjectivement qu’objectivement s’appelle science ». Sa démarche considère ainsi sa subjectivité comme outil scientifique à part entière.

B. Les sciences humaines font voir une subjectivité


Par ailleurs, la vérité scientifique du domaine de l’histoire implique des « vérités causales », différentes de celles des sciences dures, selon Weber. Le changement étant intrinsèque à l’homme, le passé n’est pas une vérité figée : les interprétations sont alors mises à jour. En ce sens, les historiens revendiquent une nouvelle forme d’objectivité, qui inclut dans le processus de raisonnement une part de subjectivité. Cette démarche, applicable pour toute science humaine, entre en adéquation avec la pensée de Paul Ricœur, qui admet l’existence de « plusieurs niveaux de subjectivité » : « ce que la pensée méthodique a élaboré, mis en ordre, compris, et ce qu’elle peut ainsi faire comprendre … ». L’objectivité, lorsqu’elle est appliquée au domaine de l’histoire, diffère de celles des sciences naturelles, dans le sens où l’interprétation d’éléments non figés requiert une méthode d’analyse plus souple et relative.

Si un discours scientifique doit obligatoirement présenter des résultats reproductibles, l’histoire ne peut être considérée comme une science. Plusieurs critères entrent en jeu dans la formation scientifique des récits historiques. Il n’y pas d’expérience scientifique dans cette démarche, donc l’histoire n’est pas vérifiable ni répétable comme on le fait dans les laboratoires. Mais en tant que discipline singulière et autonome, elle dispose d’une déontologie qui lui permet d’exercer en tant que science. Certes, la logique utilisée dans l’histoire n’est pas similaire à celles des autres sciences. Toutefois, les résultats montrent un produit qui, non seulement retrace fidèlement les évènements, mais ne présente pas une contradiction en soi. Autrement, l’histoire ne mériterait pas son titre de science humaine.
 






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