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Dissertation de Philosophie (corrigé) : L'histoire peut-elle éclairer l'avenir ?

Le discours scientifique est pourtant censé apporter des connaissances sur l’avenir au travers des analyses des lois de causalité. L’histoire, quant à elle, porte exclusivement sur la reconstruction et l’examen de faits anciens. Mais sachant que l’histoire est regroupée dans la catégorie des sciences humaines, nous espérons que les récits historiques puissent nous apporter une assurance sur le cours des évènements à venir. L’histoire peut-elle éclairer l’avenir ? Une réponse affirmative suppose que le monde est exempt de changement, de hasard et d’imprévisibilité. Mais pour une réponse négative, cela nous entraîne à nous questionner sur le sens et l’utilité de l’histoire. En écrivant l’histoire, l’historien a-t-il dégagé les points saillants sur lesquels l’humanité devrait traverser pour accomplir sa destinée ? En vue de donner des éléments de réponse à cette problématique, nous allons discuter des limites de l’histoire dans un premier temps. Puis, dans un second temps, nous dégagerons ses fonctions. Enfin, nous énoncerons dans quelle mesure cette science peut éclairer l’avenir.

I. Les limites de l’Histoire


Par définition, le champ d’action de l’historien se situe sur l’étude du milieu humain. Celui-ci, constitué d’hommes, est en perpétuel mouvement, contrairement au milieu naturel. Selon Hannah Arendt dans La crise de la culture, le propre de l’Homme est d’introduire de la nouveauté dans le monde par le biais de son action. Ainsi, en l’absence de cyclicité et de répétition, il devient impossible de dégager formellement des lois et des principes d’actions. Prévoir l’avenir semble alors hors d’atteinte. L’historien est donc tenu de retracer des événements singuliers qui ne seront pas susceptibles de se reproduire de manière identique dans l’avenir.

Par ailleurs, des hommes de lettres tels que Schopenhauer remettent en question la scientificité de l’histoire. Il revendique son manque de crédibilité due à ses supports de recherches faites de témoignages humains et de vestiges incomplets. Il la qualifie d’ailleurs de « demi-science » qui recueille chaque jour des éléments nouveaux. « L’histoire justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout et donne des exemples de tout », constate Paul Valéry. Susceptible d’être remise en question à tout moment, l’histoire présente donc une part de mystère qui ne peut éclaircir en rien l’avenir.

En un mot, l’histoire est en essence orientée vers la connaissance du passé. Cependant, l’observation de ces faits contribue en quelque sorte à établir un schéma sur les tendances et fonctionnements de l’humanité.

II. Les fonctions de l’histoire


Dans les milieux naturels figés, mener des expériences permet de dégager des lois de causalité, connues comme des vérités scientifiques. Néanmoins, les sciences humaines comme l’histoire recourent à une nouvelle méthodologie. Max Weber se penche sur cette problématique dans Essais sur la théorie de la science. Il comprend que les sciences du réel sont aptes à déduire des schémas sur le comportement de l’homme à partir de nombreuses régularités. Néanmoins, comme la subjectivité de l’historien fait partie intégrante de la grille de lecture, on conclut que les résultats de recherches s’apparentent plus à des tendances qu’à des lois définies. Ainsi, la probabilité d’envisager l’avenir à partir de l’histoire n’est pas à exclure. Sachant que l’histoire s’intéresse en particulier aux réalisations des grands hommes, on peut alors projeter le monde de la politique de demain en se basant sur l’histoire.

Il serait néanmoins une erreur de cantonner l’histoire à la restitution chronologique du passé. En effet, Nietzsche argumente dans les Considérations inactuelles?que cette science transcende les simples soucis de production de connaissances pures et de vérité, car les récits historiques servent essentiellement à entretenir la vie. Dans la logique du philosophe, le passé lui-même peut être considéré comme « un grand laboratoire d’essais » où chaque action peut être reprise de façon prospective. Il écrit : « Entretenir d’une main pieuse, au profit de ceux qui viendront après lui, ce qui a toujours été, les conditions dans lesquelles il est né, c’est sa façon de servir la vie ». Aussi, l’utilité de la discipline est d’éclairer sur l’avenir dans la mesure où toute action entreprise vise à atteindre une vision de l’avenir. En d’autres termes, ce qui a été conditionne le présent, qui lui, apprend des choses de l’avenir.

En somme, l’étude du passé éclaire sur le futur sous un angle du « souci de l’avenir ». Comment appréhender ce qui vient à partir de l’histoire ?

III. L’histoire est annonciatrice de l’avenir


Kant affirme que le rôle de l’historien n’est pas de parler du passé mais bien de l’avenir. En effet, les actions de l’homme qui façonne l’histoire sont mues par sa liberté. Par définition, disséquer les mécanismes de la liberté est une contradiction en soi. Pourtant, le scientifique parvient à trouver dans le passé des signes qui indiquent l’avenir : « Les signes ne sont pas des conséquences. La causalité par liberté donne des signes, jamais des effets constatables, ni des chaînes d’effets?» (C.f. Conflit des facultés). A ce titre, l’histoire est annonciatrice de nouvelles possibilités morales. Effectivement, les événements historiques affectent les hommes au niveau de leur moralité, notamment sur leur perception de la liberté. Ainsi, à travers l’expérience passée, il devient possible de déduire d’un événement présent les tendances morales à venir de la société. Appréhender ce changement de sensibilité futur est l’objectif ultime de l’histoire.

En tant qu’étude du passé, la crédibilité et la pertinence de l’histoire en tant que discours scientifique ont souvent été sujettes à débat. Si les récits historiques sont incontestablement des patrimoines nationaux jalousement gardés par les archivistes, la véritable utilité de l’histoire entraîne des questionnements, notamment sur ses capacités à rendre service à l’humanité. Pour éclairer ces doutes, il faut se référer aux autres sciences humaines qui procèdent selon la même démarche que l’histoire. Selon les critères d’objectivité propre à ces disciplines, l’histoire obtient néanmoins du crédit par son statut de science. Les sciences humaines mettent en exergue leur faculté à dégager des tendances du milieu humain en vue d’annoncer un avenir probable. Sachant que l’évolution de l’humanité se fait, non pas selon des lois fixes, mais plutôt à travers la liberté, l’avenir sera également libre de prendre des formes atypiques et inattendues, que l’on se réfère sur l’histoire ou sur une autre discipline jugée plus crédible.
 






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