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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Peut-on comprendre une oeuvre d'art sans l'aimer ?

Pour saisir entièrement la portée d’une œuvre d’art, il faudrait d’abord être attiré par elle. Cette première approche est tout à fait justifiée, puisqu’une œuvre d’art a été créée pour être belle, c’est-à-dire ce qui plaît esthétiquement. Toutefois, on remarque à travers certaines excentricités de l’art contemporain que cette activité vise avant tout à provoquer l’esprit, sans véritablement se soucier du beau. Ainsi, on peut se demander si les œuvres qui défigurent la réalité à un tel point qu’on ne reconnait plus le sens, comme c’est le cas des œuvres de Salvador Dali.  On peut pourtant en faire une profonde analyse qui décèle tout son message à travers son style. D’où la catégorisation esthétique des différents styles et d'expressions, parfois antinomiques, tels le naturalisme et le surréalisme. Le sens d’une œuvre d’art peut-il se découvrir au-delà de sa beauté apparente et facultative ? Pour résoudre cette problématique, nous allons développer dans une première partie en quoi la visée de l’art qu’est le beau doit à priori plaire pour être comprise. Toutefois, nous verrons dans une seconde partie que l’esthétique, si elle plait, ne demande pas forcément de l’amour.

I. Pour apprécier une œuvre d’art il faut l’aimer


A. Le beau est dans ce qui nous plaît


D’abord, il semble évident qu’on ne saurait comprendre totalement une œuvre d’art sans être attiré par celle-ci. Un expert en la matière peut analyser toutes les techniques mises en œuvre dans la production d’une œuvre d’art. Néanmoins, si l’art vise à exprimer le Beau, il faut bien que l’expérience de sa sensibilité fasse effet sur nous, de sorte à créer un plaisir désintéressé chez nous. Ce qui explique qu’on puisse distinguer une belle œuvre à une autre qui ne l’est pas ou à ce qui l’est moins, sans pour autant avoir étudié l’art. Ainsi, Kant nous dit dans son œuvre Critique du jugement que « le Beau est ce qui plaît universellement sans concept », car celui-ci renvoie à notre sensibilité et non à notre raison. Ainsi, le Beau est la forme par laquelle l’artiste dévoile une idée ou un sentiment précis. C’est la première étape vers sa compréhension.

B. Il faut être attiré par l’art pour pouvoir plonger en elle


On dit souvent que l’Art parle à l’âme. L’art ne semble pas être un impératif au niveau de notre corporéité, toutefois on dit qu’une vie sans art ne vaut pas la peine d’être vécue. Ces remarques signifient qu’une œuvre ne peut prétendre être de l’art si elle n’établit pas une connexion avec l’esprit métaphysique de l’homme. Comprendre l’art requiert de l’amour pur, c’est-à-dire l’amour idéal et désintéressé vis-à-vis de l’aspect utile de l’objet. Or l’utile est, semble-t-il, de la nature du corps. Ici, il ne faut pas confondre la fin de l’œuvre d’art qui est l’expression d’un sentiment esthétique, qui est l’art en elle-même, et ce qui s’ensuit comme usage de ce sentiment, comme de la propagande politique. Cette définition de Hegel dans Propédeutique philosophique peut s’appliquer à l’art : « la finalité interne est celle où une réalité présente possède en elle-même son concept et où elle est, en même temps, but et moyen, but qui se réalise et qui est réalisé dans cette réalité présente elle-même ». L’art plait, et si nous ne sommes pas plongés dans ce sentiment, c’est autre chose que l’art dans l’œuvre que nous comprenons.

L’art est donc ce qui attire, mais si la compréhension est du domaine de la raison, pourquoi alors la confondre avec l’amour ? Par ailleurs, l’amour n’influe-t-elle pas une certaine appréciation subjective de l’œuvre ? Peut-on, en toute honnêteté, être objective lorsqu’on est envahi par l’amour ?

II. Comprendre l’art n’est pas forcément l’aimer


A. L’amour de l’œuvre peut corrompre sa compréhension


Il semble que le critique d’art ne soit pas obligé d’aimer l’œuvre qu’il doit évaluer. D’une part, il faut bien se méfier de cette attirance subjective vis-à-vis d’une œuvre pour pouvoir apprécier sa valeur esthétique. C’est que l’amour n’est pas un juge impartial. Elle peut porter en elle divers conditionnements culturels, car les critères de l’amour s’apprennent au fil du temps. Remarquons également que l’éducation de goût dans chaque classe sociale définit ce qui est appréciable et ce qui repoussant. Les époques ont toujours supposé les arts « underground », soit du « sous-sol » qui ne sont pas considérés par la classe dominante. « Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà », conclut Pascal dans ses Pensées. D’autre part, l’amour peut aussi être passager, un sentiment en situation de réminiscence, soit celle de la nostalgie d’une expérience agréable passé. D’un point de vue psychanalytique, l’amour peut n’être qu’un désir refoulé qui se manifeste dans la sublimation d’un objet. On pense qu’on aime d’un amour pur une œuvre, pourtant cet amour porte toute l’obscurité de notre âme qui métamorphose l’œuvre en un exutoire fantasmagorique.

B. On peut comprendre une œuvre sans s’y attacher


Nous remarquons que l’art contemporain semble plus viser l’expression pour véhiculer des messages que pour plaire. Ainsi la Fontaine, un urinoir disposé dans une exposition d’art, de Marcel Duchamp invite simplement à la discussion de la valeur d'une œuvre d’art et de l’agencement de l’artiste sans qu’elle plaise visuellement plus qu’un autre. Le plaisir évoqué par l’art n’inspire pas forcément l’amour, mais elle éveille une certaine créativité esthétique. Cette créativité est le déploiement d’une vision originale qui émerveille. Il y a certainement des similarités entre ces œuvres, d’où leur catégorisation en différentes écoles. Toutefois, comment se fait-il qu’on distingue deux artistes d’une même école qui traite d’un même sujet ? En fait, c’est la créativité qu’un artiste met en œuvre qui le distingue. « La nature ou l’essence cachée de l’artiste prenant la place des dieux, l’artiste s’inspire lui-même », disait Karl Popper dans La quête inachevée. Cette manière est appréciée dans l’ensemble de l’œuvre sans qu’elle soit à notre goût. Remarquons par exemple le fait que tout le monde n’aime pas la représentation de l’ambiguïté raciste de John Ford dans son film The Searchers. Cette œuvre nous montre que la qualité culturelle de l’homme peut être détestable, toutefois cela n’enlève en rien de la qualité artistique de l’ensemble de l’œuvre cinématographie.

Puisque l’œuvre d’art a pour but de plaire, il est légitime de penser qu’il faut l’aimer pour la comprendre. Par définition, une œuvre d’art représente le Beau soit ce qui plaît universellement. On remarque d’ailleurs que l’amour esthétique est bien de l’amour car il n’aime pas l’œuvre d’art de façon intéressée, mais bien parce qu’il présente en tant qu’art. Mais sachant que l’amour est une sorte de passion, il faut se méfier de son jugement. Comprendre demande une évaluation juste, or aimer c’est se donner complètement à ce sentiment, ce qui peut bien porter toute notre subjectivité. En fait, l’œuvre d’art en tant qu’ensemble original ne demande pas d’être aimée mais d’être appréciée pour ce qu’elle propose en tant que création. La compréhension demande une certaine abstraction objective où il faut rendre à César ce qui est à César, soit l’art à ce qui est à l’art.
 






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