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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Peut-on ne pas admettre la vérité ?

La vérité représente le graal des philosophes. Elle nourrit l’espoir de la connaissance ; celui d’un réel que notre intelligence pourrait saisir dans sa pureté. Car on dit couramment que ce qui est vrai est conforme aux faits et rien que les faits. Pourtant, si la vérité est une quête, c’est parce que la fausseté, le mensonge, l’illusion sont couramment présents dans notre quotidien, et ce, plus que la vérité elle-même. Ainsi, il serait naïf de penser que celle-ci se donne immédiatement. Mais quand elle se présente à nous, peut-on ne pas l’admettre ? C’est-à-dire dans l’absurde, peut-on ne pas la reconnaître comme vraie ? Mais le fait d’admettre signifie d’abord le fait d’accepter un propos comme une certitude. Ce n’est pas forcément reconnaître la vérité en soi, mais être convaincu qu’une chose est vraie, soit essentiellement un acquiescement de la pensée à elle-même. La problématique se formule donc comme suit : si on peut définir la vérité comme une définition objective de la réalité, donc extérieure à l’esprit, est-il légitime de faire abstraction de cette vérité ? Nous verrons d’abord qu’il est parfois difficile de reconnaître la vérité, et que nous avons le droit de l’ignorer. Toutefois, nous verrons aussi que la certitude de la vérité s’impose que l’on veuille ou non, et qu’on a le devoir de la rechercher.

I. Personne ne nous force à admettre la vérité


A. Dans les faits, elle difficile à reconnaître


Tout d’abord, s’il s’agit d’être convaincu de la vérité, remarquons que sa recherche n’est pas une tâche aisée. Elle demande un investissement personnel le plus souvent déroutant. Socrate ne la marchandera pas aux prix des belles paroles du sophiste qui musent notre sensibilité. Au nom de la vérité, Descartes dans ses méditations ira jusqu’à frôler la folie à travers les doutes aux spéculations les plus absurdes. Nombreux scientifiques comme Galilée se confrontèrent à tout l’esprit d’une époque et d’un lieu pour défendre la rationalité scientifique, un gage de sa recherche objective. C’est justement en tant qu’elle est le fruit de la rationalité objective, une condition de l’universalité et de la neutralité, que la vérité est difficile à reconnaître pour un sujet qui est constamment en proie à ses sentiments personnels et culturels, ses habitudes et ses intérêts. Comme disait Leibniz : « Il semble que les hommes n’ont point envie de voir la Vérité toute nue, peut-être parce qu’ils craignent qu’elle ne soit désagréable que l’erreur ».

B. Nous pouvons l’ignorer selon notre choix de vie


Ensuite, si nous avons pu entrevoir ce que la recherche de la vérité nous engage, nous devons nous demander si en droit, plus que ne pas admettre la vérité, nous pouvons l’ignorer. D’abord même si dans les faits, tout le monde a la faculté de rechercher la vérité, cette activité reste un engagement. Un engagement qui nous mettra constamment face à l’étourdissement, du à la remise en question de certaines de nos convictions et de nos habitudes, au mépris d’une communauté conservatrice, à la mortalité de recherches dangereuses tant en méthode qu’en audace… La vie de celui qui veut et qui sert la vérité est tumultueuse. Elle devra même refuser certaines notions du bonheur les plus communément admises comme la tranquillité ou le plaisir. Ce qui n’est pas le cas des hommes du commun qui se conduisent ainsi selon Heidegger : « Le sens commun a sa nécessité propre ; il défend son droit en usant de la seule arme dont il dispose. Il se réclame du « cela va de soi » de ses prétentions et de ses critiques ». Mais ensuite, et si justement elle n’existait pas, l’idée d’une raison capable de saisir la réalité en soi des choses est alors utopique. Il semble que le relativisme, que chacun ait sa vérité ; l’utilitarisme, qu’il n’y a de vrai que ce qui est utile et opératoire ; le scepticisme, que notre compréhension du monde est fondamentalement limitée et enfin le nihilisme, que les valeurs sont vaines face à notre finitude et que l’existence n’ait aucun sens qui mérite qu’on l’apprécie, montrent que la vérité n’est qu’une carotte pendue par nous-même au bout de notre nez. Dans l’état d’esprit de celui qui est désenchanté de la vérité-réalité, vivre dans le désintérêt de la vérité n’a rien de moralement outrageux mais reste un choix compréhensible.

On a donc pu entrevoir qu’admettre la vérité n’est ni dans les faits ni en droit évident. Cependant comment expliquer qu’on y croit quand même, la certitude ne souligne-t-elle pas son besoin ?

II. La vérité est un attribut de notre esprit


A. Le sentiment de vérité qu’est la certitude est inséparable à notre esprit


Même si on admet que la vérité n’existe pas, on ne peut pas nier l’imposition de la certitude. Le vieux paradoxe est que si on admet le scepticisme, c’est que l’on accorde à ses propos une qualité de vérité. Toute recherche, tout raisonnement et donc toute action se basent nécessairement sur des certitudes, qu’elles soient de l’ordre de la conviction, de l’évidence ou de la convention. D’une manière plus approfondie, Alain dirait dans Les Idées et les Âges : « C’est que les objets réels ne sont ni des nombres, ni des triangles ; aussi l’on soupçonne que l’esprit n’a égard ici qu’à lui-même, et qu’il défait le savoir du comptable et du tailleur des pierres, bien loin de le faire ». En effet, pour se mouvoir, la pensée doit avoir confiance en ses pas. Pour communiquer, elle doit trouver l’universalité et pour opérer sur le monde, elle doit repérer de la constance et de la stabilité. Ces principes de l’intelligence sur le réel ne permettent peut-être pas de saisir ce dernier totalement, mais elles soulignent un accord entre l’esprit et ce que l’on reçoit comme donnée.

B. On a le devoir de tendre vers la vérité


Enfin, si de droit on peut ignorer la vérité, étant donné qu’on ne peut forcer un esprit à croire en elle et que pourtant, on ne peut nier ses certitudes, on a au moins le devoir de vérifier ces dernières. S’il est douteux que la vérité corresponde substantiellement avec la réalité, il y a des critères de la vérité qui méritent d’être exigés pour le salut d’un esprit éveillé et productif. D’un, une proposition vraie doit présenter un effort d’abstraction vis-à-vis des particularités subjectives. En toute rigueur, il est impossible de définir dans tous ses détails un phénomène réel, et ne convenir qu’au relativisme des perspectives particulières est chaotique. L’abstraction permet l’entente entre des esprits et la communication du savoir. De deux, une proposition vraie doit être le produit d’une réflexion poussée sur ses fondements, sinon elle n’est que de l’opinion. « Le concept, c’est ce qui empêche la pensée d’être une simple opinion, un avis, une discussion, un bavardage », disait Gilles Deleuze. Nos conclusions peuvent être le fruit d’un raisonnement sans faille, car cohérent dans l'enchaînement de ses propos. Mais il ne s’agira que de logique formelle, si on ne tient compte de l’aspect de la structure et non du souci d’objectivité des prémisses. Les idéologies par exemple peuvent montrer une logique implacable mais où se logent ses fondements ? D’où tire-t-elle la force de ses arguments ? Ces critères permettent de considérer la recherche de la vérité comme un exercice essentiel à la vitalité d’un esprit conscient.

La vérité est difficile à reconnaître dans les faits. Déjà, si elle ne s’offre pas immédiatement, c’est que sa recherche demande certains sacrifices. Surtout, elle demande à s’opposer à notre chère subjectivité. Toutefois, le doute plane sur l’existence d’une vérité qui correspond au réel, car il se peut que cette vérité ne soit que notre propre construction. Dans cet esprit, on ne peut donc mépriser ceux qui veulent vivre tranquillement dans leur ignorance. Cependant, il faut bien un jour faire face à la certitude car toute confiance, toute connaissance et donc toute action doivent se baser sur une idée assurée. Si la certitude ne renvoie pas forcément à l’idéal de la vérité, elle est néanmoins inéluctable. Il faut certainement accorder à la certitude sa nécessité dans notre rapport au monde, mais une certitude qui n’est pas vérifiée ne vaut que comme opinion. En fait, il faut au moins pour la vitalité de notre esprit maintenir un effort d’abstraction et de réflexion critique. Si une vérité transcendant notre compréhension du réel ne peut être atteinte, on peut au moins dépasser l’obscurité des illusions que l’on se fait. En définitive, c’est la conscience qui est en jeu, vérité ou pas, il faut la maintenir éveillée par devoir pour l’autonomie de notre esprit
 






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