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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Qui écrit l'histoire ?

L’histoire de l’humanité est étalée sur la ligne temporelle tendant vers l’infini, tandis que l’existence d’un individu se limite dans un intervalle restreint du temps. Les hommes ne sont donc pas témoins des événements historiques, c’est plutôt l’histoire qui s’impose dans le souvenir et constitue même la trame de l’humanité. Et pourtant, c’est l’homme qui écrit l’histoire sans pour autant l’avoir vécu, ou bien l’a vécu mais n’ayant pas l’occasion de l’écrire. L’écrivain Georges Santayana a rappelé que « ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter ». Si le programme scolaire enseigne les faits historiques dans leur chronologie et leurs interprétations, il incombe plutôt au philosophe de penser les démarches qui ont abouti à ces textes historiques. Ainsi, la problématique qui nous intéresse est la suivante : L’histoire aurait-elle été la même si c’était quelqu’un d’autre qui l’avait écrit ? Afin d’y répondre, nous allons d’abord nous pencher sur les raisons pour lesquelles nous écrivons l’histoire. Ensuite, nous nous focaliserons sur le caractère désintéressé de l’histoire ; et enfin, nous pouvons voir au clair si le cours historique dépend de l’historien ou non.

I. L’histoire est le carrefour de la mémoire et de la culture


Classée parmi les sciences humaines, l’histoire revêt l’étoffe d’une science objective, notamment à travers sa méthode. Elle regroupe les événements passés qui se sont déroulés dans les sociétés de l’homme, basés sur des récits et témoignages des acteurs présents. Pourtant, tous les faits et vécus de l’homme ne méritent pas d’être inscrits dans les livres d’histoire. Comme tous les intellectuels dans les autres disciplines, l’historien sera interpellé par un fait plutôt que par un autre, selon son intuition de l’objet. Essentiellement, la pertinence du choix de son objet transparaît sur l’intérêt et la valeur que le public portera sur son œuvre. L’historien André Piganiol a précisé que « l’histoire est pour l’humanité ce que la mémoire est pour l’individu, l’histoire est la mémoire collective ». Donc, il n’y a pas lieu d’écrire l’histoire si celle-ci n’éveille que l’intérêt d’une poignée d’individus : en lisant l’histoire, le genre humain se reconnaîtra même si les récits ne le concernent pas directement son peuple ou sa lignée familiale. D’emblée, l’histoire est ancrée dans une culture, mais cela n’empêche pas que les récits puissent être compréhensibles par les autres peuples du monde entier. C’est en ce sens que l’humanité prend toute son envergure à travers l’universalité de la raison. A travers le témoignage d’hommes et de femmes issues de cultures et de milieux différents, David Hume affirme que l’histoire est « une admirable invention qui étend notre expérience à tous les siècles passés, et fait servir les nations les plus éloignées à perfectionner notre jugement ». 

L’histoire remplit donc une double fonction : d’un côté, elle se tient garante de la mémoire d’une société ; de l’autre côté, elle est responsable de la construction identitaire des membres de la société. Mais l’histoire vise-t-elle un but intéressé comme les autres produits de la science ?

II. L’histoire n’est pas vitale mais nécessaire


A proprement parler, les travaux des historiens mènent à une réflexion sur ce qui a été et sur ce qui sera. Or, les interprétations, qui sont d’ailleurs justes, ne mènent pas forcément à une efficacité ni à une réussite dans le quotidien. En d’autres termes, l’histoire est un pilier dans la vie de toute société, c’est-à-dire en tant qu’identité du groupe et de l’individu, mais rien de plus. Paul Valéry a souligné dans Regards sur le monde actuel : « Tout le génie des grands gouvernements du passé se trouve exténué, rendu impuissant et même inutilisable par l’agrandissement et l’accroissement des connexions du champ des phénomènes politiques ». Cela signifie que l’histoire ne fournit pas une loi universelle applicable en tous lieux et en tout temps. Que gagnons-nous alors en considérant les récits historiques qui recèlent des exploits ingénieux ? Seulement l’identification de ces œuvres en tant que revenant à toute l’humanité ou à tout un peuple, et non pas à un seul individu, à savoir le héros. Sur ce, il est curieux de voir les historiens qui s’attellent à peaufiner leurs recherches, en confrontant les théories et les récits sur un sujet donné. Mais cette démarche est tout simplement naturelle pour un scientifique, comme l’a d’ailleurs souligné Fernand Braudel dans Ecrits sur l’histoire : « J’entends par histoire une recherche scientifiquement conduite, disons à la rigueur une science, mais complexe : il n’y a pas une histoire, un métier d’historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosité, de points de vue, de possibilité ».

III. Quand est-ce qu’il y a histoire ?


Pour mieux reformuler cette question, nous dirons plutôt : les acteurs de l’histoire sont -ils toujours en phase avec les intentions de l’historien ? En effet, c’est le souci du sens qui fait surgir ces remises en question. La pertinence de l’histoire repose sur cette coïncidence entre les faits qui méritent d’être retracés et l’intérêt de l’historien pour cette investigation. Immédiatement, l’écriture de l’histoire est la tâche de l’historien, or il s’agit de l’histoire d’un grand homme qui a su se démarquer de la masse. Si toutes les histoires politiques se ressemblaient, il ne serait pas nécessaire d’écrire une histoire. Par conséquent, « tout fait présent n’est pour elle qu’un fragment, que doit compléter un passé d’une longueur infinie et auquel se rattache un avenir fini lui-même », constate Schopenhauer dans Le monde comme volonté et comme représentation. D’emblée, c’est l’acteur qui écrit l’histoire, puisque pour pouvoir désigner un fait comme digne d’être remémoré, c’est le grand homme qui, poussé par son courage et son ambition, dévie le cours des événements. L’historien en fera après un discours scientifique, mais le peuple a déjà incorporé ces exploits héroïques comme faisant partie de son identité culturelle. En effet, l’écriture de l’histoire n’est pas une simple narration, c’est déjà le dévoilement de la rationalité de l’action qui tend vers la réalisation de l’humanité. Celui qui écrit l’histoire n’insère pas le hasard comme le déclencheur d’une fin heureuse. C’est pourquoi Merleau-Ponty disait dans Humanisme et terreur à propos de l’histoire « qu’elle est dans l’instant et dans la succession une totalité, en mouvement vers un état privilégié qui donne le sens de l’ensemble ».

L’existence d’une histoire fait que les membres des sociétés actuelles et futures gardent un point d’ancrage ainsi qu’une identité commune. C’est humanité toute entière qui rend hommage aux générations passées, grâce à la continuité et à la compréhension universelle de l’histoire. Néanmoins, l’histoire, censée prodiguer des références et expériences, ne montre qu’un fait singulier, fort louable certes, mais non répétable et ne pouvant être érigé comme loi dans le cadre de la science politique ni de la morale. C’est en ce sens que l’histoire intéresse l’historien et le peuple, car l'événement est unique en son genre. En l’occurrence, c’est humanité elle-même qui écrit sa propre histoire, car le héros incarne, non pas sa personne en sa propre volition, mais toute la rationalité et le courage d’un peuple. Le grand homme mérite donc d’être érigé en icône de toute une civilisation et de toute une époque. L’histoire met-elle en lumière uniquement les succès des réalisations de l’humanité ?

 

 
 






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