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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Sommes-nous ce que les autres font de nous ?

La relation avec autrui revêt une ambiguïté, de sorte que notre personnalité serait à la fin ce que nous ne choisissons pas d’être. D’une certaine manière, ce qui nous définit serait indépendant de notre volonté car étant le produit des autres. L’autre est un être de même nature que soi, mais extérieur à soi. Ici on parlera alors des autres hommes qui partagent notre monde. Ainsi, la singularité de ma personne n’est plus pure, mais entachée par la représentation et les actions des autres. On reconnaît bien ces similarités qu’on nomme généralement sous le nom de culture. Mais pour forger notre identité, on fait aussi l’épreuve intime de la force de notre volonté devant nos orientations. Notre capacité à nous autodéterminer dépend alors essentiellement de plusieurs facteurs existentiels. Dans quelle mesure pouvons-nous alors attribuer à autrui le résultat de notre devenir et de notre identité ? Nous répondrons à cette question en développant d’abord en quoi la définition de notre personne dépend des autres. Ensuite, nous verrons aussi que ce processus n’explique pas en totalité la définition objective de mon identité.

I. Les autres reflètent un miroir devant moi


A. Le regard des autres nous pèse jusqu’à nous définir


D’abord, examinons en quoi autrui peut jouer sur notre conscience. L’autre est cet être qui pose un regard sur moi et qui me considère comme un objet déterminé. Le regard de l’autre porte alors un jugement qui nous encadre. Ainsi, elle nous donne une appréciation à laquelle nous sommes attachés puisqu’il nous faut bien passer par lui pour pouvoir nous voir. L’autre est comme un miroir qui nous fait prendre conscience de ce que nous sommes ou de ce que nous devons être à travers son jugement. Pourquoi le regard d’autrui est-il si précieux pour moi ? Parce que « tout être humain, qu’il soit enfant ou adulte, a sans doute besoin d’avoir de l’importance, c’est-à-dire d’occuper une place dans le monde de quelqu’un d’autre », répond le psychiatre Ronald Laing dans Soi et les autres. Ainsi, ce que nous sommes est l’ensemble de nos réactions à travers ces jugements, d’où le fait qu’autrui puisse nous conditionner.

B. Nous sommes des êtres conditionnés culturellement


Cette dimension altruiste de notre identité se définit comme une réalité ancrée dans le concept de culture. La culture est l’ensemble de nos productions conceptuelles telles le langage et les traditions qui sont partagées et définies socialement. Soulignant très bien cette nécessité, Aristote disait dans La Politique : « Qui conque est incapable de vivre dans la société des hommes ou n’en éprouve nullement le besoin est une bête ou un Dieu ». Adoptée dans la passivité, la culture est constituée comme une dimension qui nous échappe, bien que nous soyons constamment confrontés à la socialisation. Quand nous entrons dans un champ social donné, par souci de reconnaissance, nous déployons au maximum notre performance afin d’être conforme à l’identité du groupe. Cette manière se retrouve dans tout le symbolisme du groupe, que cela soit à travers nos langages verbaux ou corporels, et de même nos parures. En pratiquant par habitude cette performance, la culture finit par s’incorporer durablement en nous et nous devenons ainsi le représentant même de la culture du groupe social.

On peut donc effectivement dire qu’autrui n’est pas neutre dans la définition de notre manière d’être, car nous attachons une grande importance à la reconnaissance de son regard. Toutefois, sommes-nous réductibles à cette objectivisation, hantés constamment par autrui à notre conscience ? Et qu’en est-il alors de la liberté ?

II. Je peux exister indépendamment au regard d’autrui


A. Nous sommes irréductibles à notre identité


D’une manière générale, nous répondons à plusieurs critères culturels, perçus extérieurement par autrui. Toutefois, cet ensemble culturel n’est pas seulement construit par des conditions sociales. Certes, nous avons acquis une certaine éducation prédéterminée par des valeurs et des principes, mais l’expérience individuelle n’est-elle pas le plus déterminante dans notre existence ? Ma vision du monde et ma culture ne sont pas universellement partagées, ce qui fait que chaque homme peut constituer la trame de sa vie à travers ses choix et ses déterminations. Selon Bergson, « Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même ». Une remise en question philosophique, un chagrin intérieur, la liberté de l’imagination peuvent être l’élément déclencheur pour une ouverture d’esprit et un clivage avec les représentations faites par les autres. Par conséquent, l’individu peut manifester de l’excentrisme, de l’antinomie dans ses goûts ou du génie vis-à-vis de ses semblables. Il faut donc dire que nous nous construisons comme une singularité, indépendamment ou parallèlement à la culture et les opinions d’autrui.

B. Nous ne sommes pas pour seulement être objectifs


Fondamentalement, si nous arrivons à dépasser constamment notre identité sociale, n’y a-t-il-pas là quelque chose dans notre nature humaine qui échappe au déterminisme ? Sartre dira que, plus que des êtres, nous sommes des existants. Un simple être est ce qui est défini comme objet ou chose en lui-même. Dans Critique de la raison dialectique, il est écrit : « Par existence, nous n’entendons pas une substance stable qui se repose en elle-même mais un déséquilibre perpétuel, un arrachement à soi de tout le corps ». Autrement dit, un existant est un être qui prend conscience de son existence et qui en prend acte de liberté. Ce que les autres définissent en nous ne sont que des figures symboliques, les caractères qui nous déterminent ont pour fonction de reconnaissance parmi d’autres hommes. La recherche d’une identité est un besoin existentiel, mais aussi c’est l’esprit qui veut constamment saisir, définir, rationaliser l’être de l’homme. En fait, nous ne sommes jamais réalisés définitivement tant que l’on soit vivant et conscient. On s’accroche à la vision d’autrui, mais ce n’est qu’un choix. On joue des rôles à différentes fins, mais c’est juste le jeu idéal pour ceux qui veulent se convaincre de l’idée qu’ils se font de la personnalité.

Sommes-nous ce que les autres font de nous ? Il semble que la question aura pris tout son sens quand nous constatons qu’autrui pèse effectivement sur notre conscience de soi. Puisqu’autrui est le miroir qui nous permet notre conscience de soi, nous nous définissons par rapport au jugement de son regard. Puis, quand nous vivons en société avec les autres, nous cultivons avec performance une manière d’être dans le souci de la reconnaissance. Ainsi, nous pouvons penser que la représentation venant des autres affecte particulièrement notre volonté. Toutefois, cela réduit le potentiel de notre existence au simple conditionnement. L’ensemble de notre culture peut évoluer indépendamment à notre expérience personnelle, nous pouvons donc nous interroger et nous ouvrir à d’autres visions. En l’occurrence, nous ne sommes pas définis mais nous nous construisons. Notre existence est un espace d’épanouissement qui interagit avec le regard d’autrui mais ne s’y réduit pas car si autrui est bien celui qui est semblable à moi, je peux donc aussi le définir. Et ce jeu manifeste très bien le fait que la définition de mon identité n’est qu’une objectivation incomplète.
 






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