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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Sommes-nous des citoyens du monde ?

Le statut de citoyen désigne un membre de droit d’une cité ou dans l’acception moderne de ce dernier, d’un État. L’idée d’un citoyen du monde  n’est donc juridiquement fondée puisqu’il n’y a pas une institution politique qui porte le titre d’État du monde. Toutefois, dans l’esprit politique de l’homme, ce substantif n’est-il pas moralement convenable dans le souci de l’idée des droits de l’homme ? Si les hommes ne font pas preuve de respect envers leur humanité en dehors de leur nation, est-il légitime de parler de monde qui est la place commune d’un vivre ensemble général ? Pour répondre à ce problème, nous verrons en premier lieu que la définition exacte du citoyen et ses implications ne peuvent laisser penser à l’idée d’un citoyen du monde. Toutefois, nous verrons aussi que cette notion sous-entend un souci moral et le fait valoir par la légitimité.

I. L’idée de citoyen du monde n’a pas de valeur juridique


A. On n’est engagé politiquement qu’envers notre cité


Originairement, le mot de citoyen est dérivé de « cité », il désigne l’homme reconnu comme membre de cette dernière.  Son sens moderne lui ajoute l’idée de « droit civique » dans un État. « Nous appelons citoyens les hommes considérés comme jouissant de tous les avantages que procure la Cité en vertu du droit civil », définit Spinoza dans Traité politique. Plus précisément, un citoyen est un statut de droit qui comporte des responsabilités politiques envers son État. Le pouvoir politique de l’État s’engage à l’ordre et à la sûreté de l’ensemble du peuple, et l’individu dans sa citoyenneté s’engage à des devoirs et des responsabilités qui le font participer plus ou moins directement aux affaires de l’État. Il y a donc un rapport d’interdépendance entre citoyen et État, de sorte qu’on ne peut parler de l’un sans impliquer l’autre.

B. L’idée de citoyen du monde implique un statut hors droit


Dans ce contexte, que signifierait alors l’idée « de citoyen du monde ». On peut mettre en avant qu’on est d’abord un homme de Dieu, un  activiste sans frontière qui œuvre la paix dans le monde ou un mercenaire qui ne sert sous aucune bannière.  Toutefois, dans les faits, sans une institution politique reconnue comme autonome qui nous administre dans un espace de droit, on n’aurait pas le loisir de prétendre à ces vocations. Le temps des horizons sans frontières est loin, toute terre est actuellement sous la tutelle du concept de « pays ». Rousseau, dans le Contrat social, a fait remarquer : « Cette personne publique qui se forme ainsi par l’union de toutes les autres prenait autrefois le nom de Cité, et prend maintenant celui de République ou de corps politique ». Aussi, pour pouvoir circuler à travers le monde, il nous faut des visas, les signes qu’un pays se porte garant de notre protection et de quelques droits dans le pays où nous mettons les pieds. Car sans une reconnaissance juridique, quel droit et donc quelle liberté avons-nous ? Ces termes ne sont effectifs que sous un système de règle de droit qui régit le rapport de l’homme face à une force de l’ordre conséquente pour les assurer, sans quoi il n’y aurait que du chaos. L’en-dehors de la cité est sauvage et sans pitié, or être citoyen du monde c’est se statuer soi-même, de manière absurde, sans l’instance d’une cité qui nous assure le droit de ce statut et tous ses privilèges.

L’idée de citoyen du monde nous apparait donc insensée du point de vue juridico-politique. Cependant, n’y a-t-il pas une certaine réduction de notre nature politique, ainsi qu’une abstraction de l’universalité de l’ordre socio-économique mondial ?

II. L’idée de citoyen du monde réalise notre nature politique


A. L’homme est un animal politique qui dépasse la seule cité


Aristote dans La Politique met en exergue le caractère inné de l’homme disposant d’un souci naturel du vivre ensemble. Il fonde sa thèse par la qualité particulière à utiliser le langage, permettant le développement de notre nature politique. « Que l’homme soit un animal politique à un plus haut degré qu’une abeille quelconque ou tout autre animal vivant à l’état grégaire, cela est évident », dit-il. Tout d’abord, le langage de l’homme est la manifestation de sa raison qui, dans l’échange discursif avec autrui, soit le dialogue, permet la conscience du dépassement du subjectif. Nous discutons des valeurs communes comme la justice, compréhensible par tout un chacun. A travers la dialectique produite par l’échange d’idées, nous pouvons atteindre l’accord des esprits, soit l’intersubjectivité. Bien qu’Aristote ne le dit pas, ce phénomène naturel nous donne alors la responsabilité d’un vivre ensemble qui dépasse notre seule région du monde. Dans la rencontre avec un autre qui est en dehors de sa cité, la raison nous fait l’injonction de la recherche d’intérêt. C’est pourquoi nous formons des communautés internationales de plus en plus cosmopolites pour favoriser les échanges et éventuellement éviter les conflits nourris par des passions nationalistes égoïstes.  En effet, le dialogue ne produit pas de simples accords conventionnels, mais aussi la reconnaissance d’une même condition humaine dans le partage de différentes expériences de la vie. Le dialogue est l’ouverture à mon voisin, l’autre homme, pareil à moi à travers sa qualité humaine qui n’a d’étrange que dans l’apparence culturelle, car au fond nous avons des traits universels comme le souci de justice et de la paix.

B. Nous sommes tous en droit responsables de notre planète


Certainement, être citoyen du monde ne signifie pas participer à une organisation politique définie qui régit un vivre ensemble mondial. Cependant, le terme dénote une valeur morale dans le sens où on a un devoir envers notre humanité à vivre selon l’éthique dans notre aménagement du monde. L’homme a, en vertu de sa conscience, de sa raison et non moins de sa sensibilité empathique, le devoir de maintenir sa qualité éthique. Nous savons que nous ne sommes pas seuls et qu’il faut partager avec certaines mesures rationnelles les biens dans ce monde au risque de ne faire de ce dernier qu’un champ de bataille entre les membres d’une même espèce. Ce qui fait obstacle à cet idéal humaniste est l’esprit d’un patriotisme ségrégationniste. Il ne s’agit pas de nier que nous sommes dans une nation, au nom d’une famille propre qui s’est occupée de nous et qui nous a permis de développer le potentiel de notre humanité. Au contraire, on leur doit certains devoirs. Freud met en avant les critères d’une civilisation idéale qui défend cette harmonie universelle entre les hommes : « Elles n’ont pas pour but unique d’instituer une certaine répartition des biens, mais encore de la maintenir, elles doivent de fait protéger contre les impulsions hostiles des hommes tout ce qui sert à maîtriser la nature et produire des richesses ». Toutefois, il y a une différence entre aimer son pays par respect et faire la discrimination d’un même être humain par sa différence ethnique. En somme, être citoyen du monde est un sentiment humaniste qui rend l’homme à sa nature fondamentale comme être éthique.

On constate donc qu’on ne peut pas statuer sur le titre de citoyen du monde. En droit, être citoyen c’est être engagé politiquement dans un État, de sorte que le concept d’État et de citoyen sont inséparables. De plus, si c’est un droit, il faut une institution politique pour nous le conférer, le reconnaitre et protéger les libertés et les privilèges qu’il implique. On peut toutefois penser cette idée non pas sous un angle positif, mais moral. D’abord parce que notre faculté discursive qui nous permet le dialogue nous montre notre potentiel politique. La communication est un engagement actif vers l’autre qui favorise l’intersubjectivité dans le souci du vivre ensemble, et la reconnaissance de la qualité humaine chez autrui ne peut que nous fraterniser. Ensuite, nous avons le devoir d’avoir une manière de vivre éthique vis-à-vis de nos voisins du monde. Nous sommes des êtres doués de raison, de conscience et de sensibilité, des facultés qui sous-tendent notre conscience morale qui devrait dépasser l’illusion d’un totalitarisme nationaliste. En somme, si l’idée de citoyen du monde est littéralement du non-sens, elle nous fait rappeler que nous avons tout d’abord des qualités humaines à reconnaître au-dessus de toute considération culturelle, afin de se sentir chez soi dans le monde universel que nous avons instauré pour vivre.
 






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