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Dissertation de Philosophie (corrigé) : Suis-je le sujet de mon désir ?

Le désir est une force qui nous tend vers quelque chose que l’on pense spontanément être un besoin. Le sujet, par contre, est l’unité consciente d’un être qui se reconnaît dans ses pensées et ses actes. Être le sujet de son désir signifierait donc avoir conscience que cette tendance découle de soi-même. Toutefois, ce qui nous attire dans l’objet de nos désirs n’est pas toujours transparent à notre conscience. L’impatience de nos impulsions semble témoigner que le désir est une force qui dépasse celui qui l’éprouve. Ce qui définit bien l’idée que le désir soit une tendance et non une volonté. Cependant, supposer que le désir ne vient pas de nous impliquerait alors l’idée selon laquelle nos désirs proviennent d’une entité extérieure. Cela implique donc que le fait d’être responsable de son désir est inapproprié. Le sujet est-il en confrontation permanente avec cette puissance autre que nous-mêmes et qui nous domine ? Pour résoudre ce problème, nous examinerons en premier lieu en quoi le désir pourrait ne pas venir de soi-même. Toutefois, en second lieu, nous constaterons aussi la perspective selon laquelle la conscience de son désir nous rend pleinement responsables.

I. Le désir ne vient pas du « je »


A. Autrui est une cause indirecte du désir


Contrairement à ce qu’on entend souvent, le désir ne provient pas de soi-même. Certainement, nous ressentons l’intensité de la force du désir, mais ce qui rend une chose désirable n’est pas vraiment évident. A cet égard, le sociologue René Girard suggère l’idée que le désir est mimétique. Il développe sa théorie en expliquant qu’entre soi et l’objet du désir, il y a toujours la présence de l’autre qui donne de la valeur à cet objet, car nous avons une tendance existentielle à nous assimiler à autrui. Le processus est le suivant : puisque nous n’avons pas une identité propre a priori, nous nous assimilons à autrui et par ailleurs ce qu’il aime. Remarquons tout simplement par exemple l’imitation des parents par l’enfant. D’une manière générale, Auguste Comte souligne l’importance de l’éducation dans Catéchisme positiviste : « L’éducation doit surtout disposer à vivre pour autrui, afin de revivre en autrui par autrui, un être spontanément enclin à vivre pour soi et en soi ».

B. Le sujet n’est pas maître de son désir


Mais retenons aussi une perspective fondamentale qui vient de la psychanalyse et qui neutralise directement l’idée d’un sujet maître chez soi. Pour Freud, le sujet n’est pas ce que nous croyons spontanément qu’il est, c’est-à-dire un acteur absolument conscient de ses pensées et ses actes. L’observation de Freud est celle de nos actes manqués, de nos impulsions et de nos fantasmes. Des situations qui découlent de nous-mêmes que nous trouvons pourtant étranges, telle une intervention mystique.  Ainsi, le sujet est confronté à de multiples illusions, car il déploie essentiellement la surface de notre psyché qui cache une grande partie obscure de notre conscience. Comme l’a mentionné le psychologue Gustave Lebon dans Psychologie de foules : « Derrière les causes avouées de nos actes, se trouvent des causes secrètes ignorées de nous. La plupart de nos actions journalières sont l’effet de mobiles cachés qui nous échappent ». Par conséquent, nous pouvons déduire aisément que le processus qui produit le désir nous est inconscient, ne serait que par sa manifestation impulsive, voir furtivement dans son impulsivité. Cela implique que ce qui est présent à notre conscience quand nous désirons est quelque chose d’assimilé dans le long terme.

Le désir semble donc échapper au sujet que cela soit au niveau de son objet qu’au niveau de sa formation. Néanmoins, le fait que nous ayons une conscience et une volonté pour suivre ou renier notre désir est déjà une intervention propre au sujet.

II. La conscience du désir nous définit comme sujet responsable


A. Le désir peut être purement subjectif


Tout d’abord, revenons à l’idée que le désir est mimétique qui ne peut être expliqué par la subjectivité. Remarquons cependant que le désir mimétique est une tendance et non une nécessité, car il n’est pas rare de voir des cas où le désir est créé à partir d’un fantasme subjectif. Un individu peut fantasmer un objet dans des conditions qui lui évoquent une expérience particulière qui dépasse les représentations collectives. Certains ripostent en disant qu’on ne peut désirer quelque chose qui n’a jamais existé, donc irréelle, donc il faut une œuvre originale existant pour s’en inspirer. Toutefois, ce modèle n’est original aux yeux d’un sujet que parce que celui-ci est plongé dans la pure subjectivité. Rappelons que le désir dont on parle ici est individuel et non collectif, comme ce qui est nourri par les images publicitaires. En un mot, la subjectivité est la source d’un désir qui n’est expérimenté que par soi, mais qui est reconnu et compris par autrui, un autre sujet comme moi, comme le disait Jean Hyppolite dans Genèse et structure de la phénoménologie : « Le terme du désir n’est donc pas, comme on pourrait le croire superficiellement, l’objet sensible _ il n’est qu’un moyen mais l’unité du Moi avec lui-même ».

B. Le sujet peut reconquérir ses désirs


Rappelons que s’il y a un sujet qui porte le désir, c’est qu’un être le ressent plus ou moins intensément en lui. Cela implique qu’une fois que nous avons conscience d’un désir qui jaillit en nous, quel que soient l’objet et l’origine, c’est tout notre être qui est plongé dans ce processus. Si le fantasme sur un objet m’envahit, et que l’envie de l’assouvir se manifeste en moi, je ne pourrai pas m’ôter la responsabilité sur les conséquences de ce désir. Sachant que le désir suppose la conscience d’un manque, nous ne pouvons pas avancer le prétexte selon lequel notre désir est hors de notre contrôle. Ce sont les véritables origines et mécanismes du désir qui nous apparaissent comme flous, toutefois nous pouvons mesurer son intensité et le contrôler. Héraclite a d’ailleurs raison de penser que « il n’en vaudrait pas mieux pour les hommes qu’arrivât ce qu’ils désirent ». Remarquons également que désir change constamment d’objet, car il n’a pas d’objet propre. Ainsi on peut travailler un autre objet du désir pour en refroidir un autre, bien que cette tâche ne soit pas facile. Par exemple, on peut délibérément fantasmer sur le projet d’une vie idéale pour éclipser les désirs actuels que l’on pense être nuisible au long terme.

Le sujet n’est donc pas explicite par rapport à son désir. Il semble d’abord qu’entre le sujet et le désir, il y a autrui qui s’impose, de sorte que le sujet désirant n’est qu’un réceptacle passif. Par le besoin de se reconnaître, nous imitons les autres et par conséquent leur tendance. Ensuite, les faces cachées du désir supposent que le désir nous dépasse, sous forme d’illusion. C’est notre vie psychique inconsciente qui produit à notre insu le désir. Mais en tant que sujet désirant, c’est le sujet dans sa singularité qui expérimente son fantasme personnel. Un désir n’est pas toujours mimétique, car il est possible de ressentir des désirs originaux, et pas toujours comme ce que veut tout le monde. Mais enfin, que le désir soit subjectif ou non, nous avons le pouvoir de déterminer ce que nous allons en faire. Le désir en tant que force revient à un pouvoir et donc à la responsabilité de celui qui l’exerce.
 






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