Tartuffe – Acte I scène 5

Molière, Tartuffe – Acte I scène 5 (vers 281 à 310) (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

Orgon dresse dans cette tirade le portrait de Tartuffe en évitant le piège de la description et qui devient narration. C'est un élément clé de la pièce qui raconte la rencontre originelle de la dupe et de son parasite. Dans ce passage, nous nous intéresserons à la structure du récit qui suit le déroulement de la manœuvre par laquelle Tartuffe a dupé Orgon, puis nous étudierons le zèle dont Tartuffe fait preuve pour attirer l'attention d'Orgon.

 

I). Structure de la tirade.

 

Orgon sans s'en rendre compte suit la manœuvre de Tartuffe pour le duper, on y voit alors du comique. Le récit suit deux phases chronologiques ordonnées :

 

-         Le pantonisme (gestes) public jusqu'au vers 300.

-         Nous pénétrons chez Orgon, le tableau devient privé.

 

Orgon suit le cheminement de Tartuffe. La première partie est à l'imparfait alors que la deuxième est au présent.

 

Le fait qu'Orgon sans s'en rendre compte suive la manœuvre de Tartuffe dans son récit de sa rencontre avec Tartuffe marque bien l'aveuglement total du dupé.

 

II). Le pantonisme de Tartuffe.

 

L'adverbe d'insistance « tout » montre que Tartuffe cherche à attirer l'attention d'Orgon. Gesticulation grotesque de Tartuffe : «  de grands élancements », pour le lecteur, le comportement de Tartuffe rime avec zèle et fausseté. Champ lexical de la vue : « mes yeux », « yeux doux », qui implique une mise en abîme de la comédie dans la comédie avec un crescendo comique qui montre le caractère malsain de Tartuffe. Orfon admire de plus en plus aveuglement des détails mesquins jusqu'à l'écrasement de la puce.

 

Conclusion :

 

Molière, fait suivre intentionnellement à Orgon la manœuvre de Tartuffe pour le duper, de manière à exposer au public l'aveuglement total d'Orgon. Le pantonisme de Tartuffe résonne comme faux à la vue du lecteur. Tartuffe apparaît donc bien ici comme un manipulateur.