Bérénice – Acte IV scène 4

Racine, Bérénice – Acte IV scène 4 (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

Titus, fils de l'empereur Vespasien, aime Bérénice, princesse originaire de Palestin. Devenu empereur à la mort de son père. Titus va se heurter à l'opposition du Sénat et de Rome qui interdisent une union avec une reine étrangère. Titus est totalement seul pour la première et la dernière fois. Dans le monologue, il se prépare à dire la vérité à Bérénice. Le procédé dramaturgique est de laisser Titus seul sur la scène, seul avec lui-même. Dans ce passage, nous nous intéresserons au dédoublement du personnage de Titus puis nous étudierons l'image d'un Titus hésitant donné par Racine.

 

I). Dédoublement du personnage.

           

1). Titus auteur d'une véritable mise en scène.

 

Racine choisit de faire de Titus l'auteur d'une véritable mise en scène qui suppose la présence de plusieurs personnages : le monologue laisse apparaître deux Titus différents. La marque la plus nette de ce dédoublement est la séparation en deux parties égales du monologue. Le monologue compte 54 vers et c'est au vers 27 que Titus passe des arguments de l'amoureux à celui de l'empereur.

           

            2). Les procédés du dialogue.

 

Un véritable dialogue va s'installer à l'intérieur de Titus. Le « tu » désigne la partie de lui qui veut quitter Bérénice (6 premiers vers) alors que du vers 7 à 27 le « je », c'est à dire la personne qui lui permet de s'exprimer en sujet responsable de son discours. On remarque le retour du « tu » au vers 23 puis du « je » au vers 44, caractéristique du monologue délibératif lorsqu'un héros est face à un dilemme, il cherche la solution en délibérant avec lui-même. Cette recherche de la solution est caractérisée par la scène d'interrogation du vers 1 à 4 qui marque d'emblée le doute de Titus.

 

II). Un Titus hésitant.

 

L'ensemble du monologue est une succession d'interrogation. On remarque le champ lexical du combat : « combat », « barbare », « cruel » qui marque bien le terrible dilemme auquel est soumis le jeune empereur. Titus redoute cette confrontation, le champ lexical de la vue : « verrais », « ses yeux » marque bien la peur de Titus d'annoncer à Bérénice, les yeux dans les yeux sa décision. Titus est hésitant tout au long du monologue : vocabulaire élogieux à l'égard de Bérénice. Par le biais de la personnification de Rome, Titus donne à la cité une dimension humaine, et donc un coeur. Il mise sur la compréhension de Rome, la balance penche pour Bérénice. Racine dans sa préface de Bérénice disait : « la principale règle est de plaire et de toucher ».

Titus attend la reconnaissance du peuple, caractérisé par le champ lexical de la mémoire : « renommée », « ma mémoire », revirement final. Titus choisit le pouvoir.

La périphrase du règne : « à peu de jour si longtemps attendu » confirme la décision de Titus.

 

Conclusion :

 

Nous voyons alors que Titus a un dédoublement du personnage par le biais de son monologue. Ce monologue se déroule grâce à plusieurs procédés qui réalisent une mise en scène parfaite. Titus est face à un cruel dilemme qu'il résout à la fin de son monologue.