Cendrars : La prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France : J'ai toujours été en route...
- Vous allez pouvoir accéder au commentaire d'un extrait du poème "La prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France" de "Blaise Cendrars".
- Ce fichier contient un commentaire composé détaillé avec DEUX parties principales, une introduction, une conclusion.
- PASSAGE : Voir texte ci-dessous.
Texte étudié :
J'ai toujours été en route
Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues
Le train retombe sur ses roues
Le train retombe toujours sur toutes ses roues
"Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ?"
Nous sommes loin, Jeanne, tu roules depuis sept jours
Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t'a nourrie, du Sacré Cœur contre lequel tu t'es blottie
Paris a disparu et son énorme flambée
Il n'y a plus que les cendres continues
La pluie qui tombe
La tourbe qui se gonfle
La Sibérie qui tourne
Les lourdes nappes de neige qui remontent
Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l'air bleui
Le train palpite au cœur des horizons plombés
Et ton chagrin ricane...
"Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ?"
Les inquiétudes
Oublie les inquiétudes
Toutes les gares lézardées obliques sur la route
Les files télégraphiques auxquelles elles pendent
Les poteaux grimaçant qui gesticulent et les étranglent
Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique tourmente
Dans les déchirures du ciel les locomotives en folie s'enfuient
Et dans les trous
Les roues vertigineuses les bouches les voies
Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses
Les démons sont déchaînés
Ferrailles
Tout est un faux accord
Le broun-roun-roun des roues
Chocs
Rebondissements
Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd...
Extrait du commentaire :
Ce poème est extrait du recueil "La prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France". C'est un très long poème de 400 vers qui prend appui sur un voyage réel que Cendrars a fait, vers l'âge de 17 ans en Sibérie. Ce poème avait une présentation originale : il était présenté sous forme d'un dépliant de deux mètres de long, qui était constitué de textes de Cendrars et de bandes de couleurs, morceaux de peinture de Sonia Delaunay, une femme peintre qui avait également pour mari un peintre ; tous deux étaient des amis d'Apollinaire...
J'ai toujours été en route
Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues
Le train retombe sur ses roues
Le train retombe toujours sur toutes ses roues
"Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ?"
Nous sommes loin, Jeanne, tu roules depuis sept jours
Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t'a nourrie, du Sacré Cœur contre lequel tu t'es blottie
Paris a disparu et son énorme flambée
Il n'y a plus que les cendres continues
La pluie qui tombe
La tourbe qui se gonfle
La Sibérie qui tourne
Les lourdes nappes de neige qui remontent
Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l'air bleui
Le train palpite au cœur des horizons plombés
Et ton chagrin ricane...
"Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ?"
Les inquiétudes
Oublie les inquiétudes
Toutes les gares lézardées obliques sur la route
Les files télégraphiques auxquelles elles pendent
Les poteaux grimaçant qui gesticulent et les étranglent
Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique tourmente
Dans les déchirures du ciel les locomotives en folie s'enfuient
Et dans les trous
Les roues vertigineuses les bouches les voies
Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses
Les démons sont déchaînés
Ferrailles
Tout est un faux accord
Le broun-roun-roun des roues
Chocs
Rebondissements
Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd...
Extrait du commentaire :
Ce poème est extrait du recueil "La prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France". C'est un très long poème de 400 vers qui prend appui sur un voyage réel que Cendrars a fait, vers l'âge de 17 ans en Sibérie. Ce poème avait une présentation originale : il était présenté sous forme d'un dépliant de deux mètres de long, qui était constitué de textes de Cendrars et de bandes de couleurs, morceaux de peinture de Sonia Delaunay, une femme peintre qui avait également pour mari un peintre ; tous deux étaient des amis d'Apollinaire...
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