Document sans titre

MOLIERE : LE MISANTHROPE : ACTE V SCENE 4 : LE DENOUEMENT (COMMENTAIRE COMPOSE)

Introduction :

Tous les personnages importants de la pièce de Molière sont réunis, comme dans la scène des portraits de l'acte II. L'esprit caustique de Célimène s'exprime à nouveau, par écrit cette fois, mais les victimes sont présentes et la jeune femme voit s'effondrer le monde sur lequel elle pensait régner. Devant Alceste, elle reconnaît ses torts. Mais est-elle sincère ? Le rôle d'amant estimé qu'elle lui fait jouer, n'est-il pas une façon de reprendre son jeu de coquette ? La question est sans réponse. Elle ne demande pas pardon. Elle ne se trouve pas fondamentalement transformée.

Pour quelles raisons demeure impossible l'amour entre Alceste et Célimène ?

Analyse :

I) La proposition et la réaction incohérente d'Alceste

a) Sa proposition est attendue, car il espère faire changer la coquette (questions aux vers 1772-1773).

b) Différents éléments confirment une évolution du personnage (vers 1771; 1801-1806).

c) Une incohérence renvoyant à sa demande « surprenante » à Eliante (vers 1785 et le champ lexical de la « sincérité »).

II) Le refus de Célimène : une remise en cause d'un art de vivre mondain

a) Les arguments de son refus (l'âge et la solitude).

b) Un amour impossible (peur du mariage, et la didascalie du vers 1704).

c) La sincérité (définition différente selon le point de vue d'Alceste et de Célimène).

III) Un dénouement optimiste

a) Le triomphe de l'amour : Philinte et Eliante (vers 1785-1798 et 1799-1800).

b) Une fin attendue ? (vers 1807-1808, et inquiétude de Philinte pour son ami Alceste).

c) L'amour au service de la comédie (champ lexical de l'amour : « flamme, désirs, liens si doux, cœur, troubles, noeud, hommage).

Conclusion :

La séparation d'Alceste et de Célimène révèle le triomphe de deux amours-propres contradictoires. Chacun vit dans ses incertitudes et aucun des deux n'est disposé à sacrifier à l'autre une part de soi-même. Pourtant, l'amour triomphe, comme dans une comédie. Philinte et Eliante dont les sentiments discrets ont grandi dans une estime réciproque, (III, 1), vont se marier. Leur union souligne la victoire de l'amour vrai, généreux, altruiste, sur tous les amours-propres. Le dénouement apporte une coloration optimiste. Pascal et La Rochefoucauld ne sont pas loin qui dénoncent la politesse mondaine de leurs contemporains comme un masque sous lequel se cache la corruption morale et matérielle.