Abdellatif Laâbi

Laâbi, Le Spleen de Casablanca, Dans le bruit d’une ville sans âme

Poème étudié

Dans le bruit d’une ville sans âme
j’apprends le dur métier du retour
Dans ma poche crevée
je n’ai que ta main
pour réchauffer la mienne
tant l’été se confond avec l’hiver
Où s’en est allé, dis-moi
le pays de notre jeunesse ?

Ô comme les pays se ressemblent
Et se ressemblent les exils
Tes pas ne sont pas de ces pas
Qui laissent des traces sur le sable
Tu passes sans passer

Introduction

Laâbi est un poète marocain contemporain qui vit en France comme réfugié politique. Il a fuit le régime d’Hassan car mis en prison à cause de ses critiques sur le régime en place.

En 1996 il publie le recueil « Le Spleen de Casablanca » dans lequel il parle de sa souffrance d’exilé.

Nous étudierons ici deux poèmes selon un même axe : l’exil. Ces poèmes sont de forme libre, courts, autobiographiques, et parlent de la solitude du poète.

I. Dans le bruit d’une ville sans âme…

J’observe :  – Vers 1 : « une ville sans âme » ; vers 2 : « le dur métier du retour ».
⇒  J’analyse : Sa vie en exil est difficile.

J’observe :  – Vers 3 : « dans ma poche crevée ».
J’analyse : Son exil est rendu encore plus difficile par la pauvreté.

J’observe :  – « une ville sans âme ».
J’analyse : Symbolise la solitude.

J’observe :  – Vers 6 : « hiver ».
J’analyse : Il fait plus froid en France qu’au Maroc : au sens figuré cela signifie que son exil est plus dur à cause de la froideur des gens et de la nouvelle culture.

J’observe :  – « le spleen ».
J’analyse : Symbolise la nostalgie.

J’observe :  – « Où s’en est allé, dis-moi le pays de notre jeunesse ? ».
J’analyse : Cette question rhétorique montre la nostalgie.

J’observe :  – « je n’ai que ta main pour réchauffer la mienne ».
J’analyse : Le poète est seul et se rattache à un amour qu’il imagine, à une femme aimée. C’est la vision idéale d’un amour et d’une vie parfaite qu’il regrette.

II. Ô comme les pays se ressemblent…

J’observe : – « Tes pas ne sont pas de ces pas / Qui laissent des traces sur le sable ».
J’analyse : Dans ce poème il donne une définition de l’exil : pour lui, c’est comme si le poète qui est en exil n’existe pas, il est invisible, il est obligé de se cacher.

J’observe : – « tu passes sans passer ».
J’analyse : Idée de fuite du temps.

J’observe : – « Ô comme les pays se ressemblent / Et se ressemblent les exils ».
J’analyse : Désespoir, critique du fait qu’il y ait trop de pays d’où on soit obligé de s’exiler.

J’observe : – Pluriel.
J’analyse : Engagement.

J’observe : – Allitération en « s » et assonance en « a ».
J’analyse : Donne un côté fluide, symbolise l’exil.

Conclusion

Laâbi dans ce poème illustre parfaitement l’exil politique et la souffrance du « déracinement », de l’attachement à son pays d’origine.

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