Le Mariage de Figaro – Acte V scène 7

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro – Acte V scène 7 (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

Cette scène se situe dans l'acte de dénouement, le comte s'est rendu au rendez-vous envoyé par la fausse Suzanne et croît parler à Suzanne mais parle à sa femme. Nous verrons tout d'abord une scène de théâtre dans le théâtre, ensuite nous étudierons un discours sur le mariage. Enfin nous élaborerons les rapports Hommes/Femmes.

 

I). Une scène de théâtre dans le théâtre.

 

            1). Les acteurs.

 

Dans cette scène, on retrouve tous les acteurs principaux de la pièce, mais deux semblent jouer véritablement : la Comtesse et le Comte.

La Comtesse est déguisée en Suzanne pour voir le Comte avouer son amour pour Suzon. Le  Comte ne se doute de rien et fait de nombreux compliments à la Comtesse en pensant que c'est Suzanne : ressemblance avec Dom Juan et la scène avec Mathurine et Charlotte.

La déclaration d'amour se fait par le physique ; la Comtesse prend les compliments pour elle, le mariage semble être sauvé.

 

            2). Les spectateurs.

 

Les spectateurs sont donc Figaro et Suzanne (qui est déguisée en Comtesse). Ils sont cachés, dans l'ombre, de part et d'autre de la scène.

Leurs répliques montrent leurs réactions en tant que spectateurs qui assistent à la scène :

-         Suzanne rie, elle sait tout comme le public omniscient.

-         Figaro et Suzanne montrent leurs réactions ; elles sont diverses, comme les vrais spectateurs d'une pièce de théâtre.

 

II). Un discours sur le mariage.

 

            1). Discussion sur l'amour.

 

Selon la Comtesse, l'amour est avant tout sentimental. Lorsque le Comte parle de physique, elle parle du sentiment amoureux ; les points de suspension montrent qu'elle cherche une définition de l'amour.

Le Comte quant à lui, privilégie le physique et donc le plaisir dans l'amour : il rétorque à la Comtesse que l'amour est moindre que ce que l'on pense avec sa définition restrictive commençant par « ne...que » et ainsi que « le roman du coeur » qui est illusion des sentiments et l' « histoire » réel qui est le plaisir réel.

Enfin lorsque la Comtesse mène son enquête, car son déguisement permet au Comte de se démasquer, celui-ci lui répond qu'il « l'aime beaucoup », atténuent l'amour, car selon lui, le mariage tue l'amour !

 

            2). La conception du Comte sur le mariage.

 

Le mariage tue donc l'amour selon le comte. Il montre les effets du mariage, mais néanmoins, on voit qu'il n'est pas sûr de lui : « je ne sais, que sais-je, un je ne sais quoi, peut-être ».

Si le mariage échoue, c'est à cause des femmes, elles sont « obligeantes » et aiment sans relâche. La répétition du verbe « aimer » montre que cet amour est comme un fardeau pour l'homme.

Puis le Comte prend un ton didactique comme si il enseigne l'amour à Suzon. Il s'appuie sur son expérience amoureuse avec ses « milles conquêtes ». Il se présente à nouveau comme un Dom Juan mais argumente contrairement à ce personnage.

Selon lui, c'est aux femmes de retenir l'homme en « renouvelant l'amour ».

 

III). Rapports hommes / femmes.

 

            1). Hommes.

 

Dans cette scène, l'homme est montré comme supérieur à la femme comme le montre les nombreuses allocutions machistes du Comte.

Il soumet la femme à la surveillance de l'homme sous prétexte que la femme est un fardeau dans un mariage.

Il reprend le stéréotype de l'homme fort : « Changerons-nous, la marche de la nature ? » ; l'homme doit séduire, les femmes font le reste.

 

            2). La femme.

 

La femme est donc rendue inférieure par le Comte.

Néanmoins, c'est paradoxal car ceux sont les femmes qui grâce à leur ruse se moquent du Comte car il est berné.

 

Conclusion :

 

Ce texte montre la ruse des deux femmes : la Comtesse et Suzanne. Grâce à ce piège, la Comtesse peut obtenir toutes les informations qu'elle souhaite du Comte. Elle voit sa vision des choses et s'aperçoit de son caractère machiste. Beaumarchais en profite pour émettre un discours sur le mariage et une critique du machisme. Le mariage est néanmoins sauvé car le Comte fait des compliments à la Comtesse croyant que c'est Suzanne ; celle-ci les prend pour elle !