Charles Perrault : Barbe-Bleue : La découverte du cabinet et la condamnation

  • Vous allez pouvoir accéder au commentaire composé d'un extrait de "Barbe-Bleue" de "Charles Perrault".
  • Ce fichier contient un commentaire détaillé avec TROIS parties principales, une introduction, une conclusion.
  • PASSAGE : Voir passage ci-dessous.
Extrait du commentaire :

Charles Perrault publie ses "contes" pendant la période classique où les contes de fées sont particulièrement appréciés car ils permettent une double lecture, une destinée aux enfants pour leur apprendre une morale et une autre pour les adultes car l'on trouve beaucoup de passages ironiques et de sous-entendus. Cette oeuvre s'inscrit dans l'objet d'étude sur l'argumentation et plus précisément sur l'apologue. Les "contes" de Charles Perrault sont écrits en 1687. Dans cette période classique les auteurs doivent respecter certaines règles notamment celles de la vraisemblance que l'on retrouve chez Perrault malgré...

Passage étudié :

Elle fut si pressée de sa curiosité, que sans considérer qu'il étoit malhonnête de laisser sa compagnie, elle y descendit par un escalier dérobé, et avec une telle précipitation qu'elle pensa se rompre le col deux ou trois fois. Arrivée à la porte du cabinet, elle s'y arrêta quelques momens, songeant à la défense que son mari lui avoit faite, et considérant qu'il pourroit lui arriver malheur d'avoir été désobéissante, mais la tentation étoit si forte qu'elle ne put la surmonter. Elle prend donc la petite clef, et ouvre en tremblant la porte du cabinet. D'abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étoient fermées. Après quelques instans, elle commença à voir que le plancher étoit tout couvert de sang caillé, que réfléchissoit les corps de plusieurs femmes mortes, et attachées le long des murs. C'étoient toutes les femmes que Barbe-Bleue avoit épousées, et qu'il avoit égorgées l'une après l'autre. Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet qu'elle venoît de retirer de la serrure, lui tomba de la main : après avoir un peu repris ses esprits, elle ramassa la clef, referma la porte, et monta à sa chambre pour se remettre un peu, mais elle n'en put venir à bout, tant elle étoit émue. Ayant remarqué que la clef du cabinet étoit tachée de sang, elle l'essuya deux ou trois fois ; mais le sang ne s'en alloit point, elle eut beau la laver et même la frotter avec du grès, il y demeuroit toujours du sang, car la clef étoit Fée ; il n'y avoit pas moyen de la nétoyer tout-à-fait : quand on ôtoit le sang d'un côté, il revenoit de l'autre. La Barbe-Bleue revint de son voyage dès le soir même : il dit qu'il avoit reçu des lettres dans le chemin, qui lui avoient appris que l'affaire pour laquelle il étoit parti, venoit d'être terminée à son avantage. Sa femme fit ce qu'elle put pour lui témoigner qu'elle étoit ravie de son prompt retour. Le lendemain, il lui demanda les clefs, et elle les lui donna, mais d'une main si tremblante, qu'il devina sans peine ce qui s'étoit passé.

D'où vient, lui dit-il, que la clef du cabinet n'est point avec les autres ? --- Il faut, dit-elle, que je l'aie laissée là haut sur ma table. - Ne manquez pas, dit la Barbe-Bleue, de la donner tantôt. Après plusieurs remise, il fallut apporter la clef. Barbe-Bleue l'ayant considérée dit à sa Femme : Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clef ?--- Je n'en sais rien- répondit la pauvre femme, plus pâle que la mort.--- Vous n'en savez rien, reprit Barbe-Bleue ? Je le sais bien, moi : vous avez voulu entrer dans le cabinet : hé bien, Madame, vous y entrerez, et irez prendre votre place auprès des dames que vous y avez vues… Elle se jetta aux pieds de son mari en pleurant, et en lui demandant pardon avec toutes les marques d'un vrai repentir de n'avoir pas été obéissante. Elle auroit attendri un tigre, belle affligée comme elle étoit, mais la Barbe-Bleue avoit le coeur plus dur qu'un rocher ; Il faut mourir, Madame, et tout à l'heure.--- Puisqu'il faut mourir, répondit elle en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu.--- Je vous donne un demi-quart d'heure, reprit la Barbe-Bleue, pas un moment davantage.

Charles Perrault, Contes
  • Pour accéder au document,
  • CLIQUEZ sur le drapeau correspondant à votre pays en bas de page.
  • Une fenêtre s'ouvre, appelez ensuite le numéro de téléphone qui s'affiche (vous pouvez appeler à partir de n'importe quel poste, cet appel vous est facturé 1.80EUR).
  • Suivez bien les instructions qui vont vous être indiquées au téléphone. Notez bien le CODE que l'on va vous communiquer sur un morceau de papier par exemple.
  • Entrez ensuite ce code dans le CHAMP en bas de page (en dessous des drapeaux) puis cliquez sur le bouton "Envoyer".
  • Vous accédez alors au document souhaité. Si vous rencontrez des problèmes, contactez-nous.


Autres Pays
&