Baudelaire : Les Fleurs du Mal : Obsession (LXXIX)
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Extrait du commentaire :
Il n'est pas étonnant que la nature, source de toute vie, offre l'un des thèmes esthétiques les plus riches. Les Anciens adoraient en elle la force magique des éléments, et la plupart des peintres et poètes y découvrent l'âme des choses, l'unité première en déchiffrant ses signes comme des savants inspirés. Ainsi une harmonie affective s'établit entre la nature et le poète qui projette en elle ses fantasmes. Mais si Rousseau et certains Romantiques trouvent dans son asile l'oubli et la plénitude, Baudelaire l'assombrit et semble ne nous peindre ses fleurs que pour mieux évoquer le Mal. La nature est présente dans son poème « Obsession » mais ce n'est pas le vallon ou le lac de Lamartine. Quelle force mauvaise semble étouffer toute forme de vie à sa source ? Quel poison ronge l'âme du poète fermé à la beauté ?
Poème étudié :
Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
Je te hais, Océan ! Tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.
Comme tu me plairais, ô nuit ! Sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Il n'est pas étonnant que la nature, source de toute vie, offre l'un des thèmes esthétiques les plus riches. Les Anciens adoraient en elle la force magique des éléments, et la plupart des peintres et poètes y découvrent l'âme des choses, l'unité première en déchiffrant ses signes comme des savants inspirés. Ainsi une harmonie affective s'établit entre la nature et le poète qui projette en elle ses fantasmes. Mais si Rousseau et certains Romantiques trouvent dans son asile l'oubli et la plénitude, Baudelaire l'assombrit et semble ne nous peindre ses fleurs que pour mieux évoquer le Mal. La nature est présente dans son poème « Obsession » mais ce n'est pas le vallon ou le lac de Lamartine. Quelle force mauvaise semble étouffer toute forme de vie à sa source ? Quel poison ronge l'âme du poète fermé à la beauté ?
Poème étudié :
Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos cœurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.
Je te hais, Océan ! Tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.
Comme tu me plairais, ô nuit ! Sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon œil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
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