Neveu de Rameau : S'enrichir

Diderot : Le Neveu de Rameau : Débat sur la façon de s'enrichir (Commentaire composé)

Texte : Commentaire de "Mais je crois que vous vous moquez de moi" à "on ne peut se déshonorer, quand on est riche".

Introduction :

  • Né en 1713, Diderot se voit confier la rédaction en chef de L'Encyclopédie pendant 30 ans, ce qui l'absorbe et l'empêche de produire des œuvres personnelles. Il a souvent repris ce manuscrit du Neveu de Rameau avant de le publier à 50 ans.
  • Les deux personnages "Moi" et "Lui" ont ici un dialogue sur les moyens de s'enrichir.

I - L'attaque de la morale vertueuse et des devoirs sans plaisir

a. La morale est d'emblée mise en état d'infériorité sur le plan :

  • quantitatif : ses adeptes sont rares et marginaux : "vous" (désigne une secte) - moraliste : byzarrerie, romanesque, singulier, particulier. Opposition à la majorité de la société : "Je représente la partie la plus importante de la société ...".
  • qualitatif : Le neveu caricaturise le philosophe à travers 3 défauts :
    • Son caractère inadapté : - "civisme, éducation, amitié" - les négations + les questions rhétoriques - Répétition du mot "Vanité" = "ça n'existe pas".
    • Sa tristesse : "Le monde serait bien triste ..."
    • Son caractère prétencieux : A vouloir se mêler de tout : "Il y a des précepteurs et des maris pour faire celà"
    Le Neveu a réponse à tout.

b. L'attaque très violente.

Dans la formulation :

  • ironie : "Monsieur le philosophe" > L'excès de politesse tue la politesse.
  • accumulation de négations qui soulignent caractère erroné.
  • répétition de 5 fois vanité.
  • mépris final : "Voilà où vous en êtes ..." = Vous n'avez pas compris le sens de ce siècle.
  • impératifs (imaginez, convenez, tenez) qui obligent le philosophe à être d'accord.
  • rythmes ternaires.
  • Exclamations, interrogations rhétoriques.

Transition : Dasnc ette attaque de la première moitié du texte, le philosophe n'ouvre pas la bouche, c'est un tirade dans laquelle le neveu expose sa conception du bonheur.

II - L'apologie de la morale des plaisirs sans devoirs

a. le bonheur.

  • Le bonheur consiste en l'addition des plaisirs : boire, manger, avoir des femmes, le confort.

b. bonheur le plus répandu du monde.

  • Ceci est valable quelque soit la condition sociale : "Nos opulents dans tous les états"

c. Considération et honneur.

  • Le neveu assène sa conception par des procédés de persuasion :
    • énumérations à l'infinitif (comme une recette facile) " voici le secret " - " Il faut se gorger de .."
    • vocabulaire concret : avec la présence de nombreuses métonymies.
    • cautions culturelles : Exemple de Salomon (Procédé de persuasion)

III - Les moyens d'obtenir ce bonheur-là

  • Satire féroce d'une société féroce, il en montre le cercle vicieux :
    on courtise les grands => on obtient une condition et de l'argent => plaisir => on est courtisé
  • D'après le neveu, médiocre et rampant, on arrive à tout : richesse = bonheur et estime des autres.
    Cette attitude est immorale, c'est pourtant celle de l'époque de l'auteur (et de Rameau)
  • Référence à la pièce de Beaumarchais "Le mariage de Figaro" : " De l'esprit pour s'avancer, Monseigneur se rit du mien ".

Conclusion :

  • La page se lit d'un trait. Le Neveu y est brillant et l'emporte.
  • Les dialogues philosophiques laissent cohabiter la problématique chez le lecteur. Les vrais philosophes ne donnent pas des réponses mais posent des questions.