Molière : Dom Juan : Acte IV scènes 7 et 8

Molière : Dom Juan : Acte IV, Scène 7 et 8 (Commentaire composé)

Introduction : Après avoir été mis en défaut à la fin de l'acte III, Don Juan veut dîner. Il est alors importuné par les visites successives de son créancier, son père, son ex-femme, et maintenant la statue vivante d'un homme mort : le Commandeur, qu'il a tué quelques années auparavant. La tension est à son comble en cette fin de quatrième acte : un Don Juan énigmatique apparaît dans une scène aux tons variés. Le dénouement final se prépare.

I) Un Don Juan énigmatique

A. Pervers à l'égard de Elvire.

  • Plaisir de la voir pleurer.
  • Désir augmenté : par un habit semi-religieux - par la rivalité avec Dieu.

B. Familier avec Sganarelle.

  • Le met à sa propre table, ne le dispute pas, se soucie de lui. Don Juan a besoin d'un miroir admiratif.

C. Intrépide devant le Commandeur.

  • Retard de l'amendement.
  • Feint d'être naturel.
  • Apparence de bravoure.
  • Défit lancé au destin.

Transition : Don Juan change de facette avec les personnages : c'est un personnage baroque. On retrouve ce côté baroque dans les registres.

II) Le mélange des registres

A. Comique à l'italienne : "commedia dell'arte". Il vient alléger l'atmosphère après deux scènes violentes et pathétiques.

  • Avant l'arrivée du Commandeur : le comique est grotesque et burlesque : - Jeu des serviteurs. - Gourmandise populaire d'un valet avec le cache du vol (Arlequin).
  • Après l'arrivée du Commandeur : contraste entre la lâcheté de Sganarelle et le calme de Don Juan.

B. Montée du tragique.

  • Avant, Don Juan avait la possibilité de se renier. Mais là, son rang et son panache ne lui laissent pas le choix.

C. Irruption du surnaturel.

Contraste entre l'atmosphère familière et l'intrusion du Commandeur : acceptable car Don Juan ne le traite pas en tant que tel, mais normalement.

Le mélange des tons donne un côté baroque aux deux scènes.

Conclusion : La scène est baroque : pas de respect des règles classiques. Les trois unités ne sont d'ailleurs pas respectées dans la pièce. Ici, le spectateur pressant le dénouement et reste impatient de le connaître. Scène de comédie française avec les deux valets qui se cachent sous la table au début. A noter aussi le côté tragique : intervention d'un destin qui retire à l'homme son libre arbitre.