Flaubert : Madame Bovary : Les lectures d'Emma
- Vous allez pouvoir accéder au commentaire de texte du passage sur "Les lectures d'Emma" de "Madame Bovary" de "Flaubert".
- Ce fichier contient un plan détaillé avec DEUX parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Voir texte ci-dessous.
"Madame Bovary" est un roman d'apprentissage du XIXème siècle comme "Bel Ami" ou le "Père Goriot", mais ici il s'agit de l'apprentissage d'une jeune fille. Au lieu d'être le roman d'une réussite, c'est le roman d'un échec. On rapproche ce roman à "Une vie" de Maupassant qui raconte une vie complète, totalement gâchée, d'une jeune fille à partir de sa sortie du couvent. Dès la lecture du titre, on peut se poser une question, pourquoi Flaubert n'a t-il pas appelé son livre "Emma Bovary"? La raison est que le vrai drame d'Emma est son mariage. Flaubert a travaillé son titre, en effet "Bovary" fait penser à bovin. Il montre ainsi l'épaisseur du personnage grâce à ce titre. Emma a donné son nom à une attitude aujourd'hui : le bovarisme. Cela consiste à rêver sa vie plutôt que de la vivre. Ce comportement vient des lectures d'Emma quand elle était jeune. Elle a été très influencée par ses livres et a vécu de nombreuses déceptions : son mariage, son premier amant, sa fille (elle voulait un garçon), le travail de son mari (l'échec de l'opération du pied beau), la relation avec son second amant, sa mort. Le projet de "Madame Bovary" date de 1849, Flaubert lisait à des amis "La tentation du Saint Antoine". Ces derniers le trouvèrent trop lyrique. C'est donc pour se débarasser de ce lyrisme que Flaubert écrivit "Madame Bovary". C'est un texte antiromantique. La rédaction a duré de 1851 à 1856. Ses sources sont les faits divers. De tels thèmes ont choqué et Flaubert a eu un procès pour immoralité, mais a finalement gagné. On retrouve des éléments autobiographiques comme la Normandie très chère à Flaubert. Il a dit : "Les perles ne font pas le collier, c'est le fil". Le livre s'ouvre et se ferme sur Charles, un personnage médiocre. Le livre se divise en trois parties qui correspondent aux lieux de la vie d'Emma. A chaque fois, ils s'agrandissent comme la volonté d'Emma d'avoir une vie meilleure. Mais l'ennui revient toujours. Il y a des temps forts et des temps d'ennui : le bal, la liaison avec Rodolphe puis avec Léon, mais ces évènements sont suivis de dépressions où seul Charles revient pour s'occuper d'Emma. La mort d'Emma arrive avec l'aveugle. On voit qu'elle n'échappera pas à son destin, à la fatalité.
Le passage étudié traite des lectures d'Emma, il se situe dans la première partie du roman. Charles a déjà été introduit et a épousé Emma. Flaubert fait un retour en arrière sur l'éducation d'Emma au couvent. Il s'agit donc de ses lectures [...]
Texte étudié :
Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant
huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme
appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la
Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et
faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de
remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de
l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du
siècle passé, qu'elle chantait à demi voix, tout en poussant son aiguille.
Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville
vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman
qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de
sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées
s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous
les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres,
troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers, nacelles au
clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs bravres comme
des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas,
toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à
quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux
cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses
historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait
voulu vivre dans quelque vieux manoir, connue ces châtelaines au long
corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude
sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la
campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir.
Flaubert, Madame de Bovary
- Pour accéder au document,
- CLIQUEZ sur le drapeau correspondant à votre pays en bas de page.
- Une fenêtre s'ouvre, appelez ensuite le numéro de téléphone qui s'affiche (vous pouvez appeler à partir de n'importe quel poste, cet appel vous est facturé 1.80EUR).
- Suivez bien les instructions qui vont vous être indiquées au téléphone. Notez bien le CODE que l'on va vous communiquer sur un morceau de papier par exemple.
- Entrez ensuite ce code dans le CHAMP en bas de page (en dessous des drapeaux) puis cliquez sur le bouton "Envoyer".
- Vous accédez alors au document souhaité. Si vous rencontrez des problèmes, contactez-nous.