La Fontaine : Fables : Livre VII, Fable 10 : Le Coque et la Mouche
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- Ce fichier contient un commentaire composé entièrement rédigé avec DEUX parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Fable en entier.
Fable étudiée :
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au Soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un Coche.
Femmes, Moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une Mouche survient, et des chevaux s'approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l'empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ;
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !
Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
Extrait du commentaire :
Au seul examen du titre, « Le Coche et la Mouche », cette fable met en scène deux protagonistes disparates : la mouche, insecte minuscule, et régulièrement présenté comme vantard (voir « Le Lion et le Moucheron »), et un moyen de transport vaste et lourd, qui, par métonymie, réfère aussi aux voyageurs qu'il transporte ; du point de vue référentiel, ces deux protagonistes relèvent d'univers de discours différents. Ainsi, la conjonction « et » prend-elle une valeur adversative car l'association qu'elle instaure accentue le contraste entre les deux substantifs qu'elle conjoint syntaxiquement. Cet aspect disparate fondera notre examen de cette fable : quant à la disjonction comme procédé de la variété, comme l'un des fondements de l'humour, de la "gaieté" de cette fable dont l'apologue, sous la forme d'une maxime, portrait un comportement social critiquable...
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au Soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un Coche.
Femmes, Moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une Mouche survient, et des chevaux s'approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l'empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ;
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !
Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
Extrait du commentaire :
Au seul examen du titre, « Le Coche et la Mouche », cette fable met en scène deux protagonistes disparates : la mouche, insecte minuscule, et régulièrement présenté comme vantard (voir « Le Lion et le Moucheron »), et un moyen de transport vaste et lourd, qui, par métonymie, réfère aussi aux voyageurs qu'il transporte ; du point de vue référentiel, ces deux protagonistes relèvent d'univers de discours différents. Ainsi, la conjonction « et » prend-elle une valeur adversative car l'association qu'elle instaure accentue le contraste entre les deux substantifs qu'elle conjoint syntaxiquement. Cet aspect disparate fondera notre examen de cette fable : quant à la disjonction comme procédé de la variété, comme l'un des fondements de l'humour, de la "gaieté" de cette fable dont l'apologue, sous la forme d'une maxime, portrait un comportement social critiquable...
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