Balzac : La Femme de trente ans : Chapitre 2
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- Ce fichier contient un commentaire composé détaillé avec TROIS parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Voir texte ci-dessous.
Extrait du commentaire :
"La Femme de trente ans", écrit par Balzac en 1842, nous raconte l'histoire d'une jeune femme, Julie, rêvant du mariage de sa vie avec l'homme qu'elle aime, Victor D'Aiglemont. Mais ce mariage n'est qu'une profonde désillusion, elle est seulement tombée amoureuse de l'image de Vitor et celui-ci la déçoit beaucoup. Elle se réfugie alors en Touraine où elle vit cloîtrée. Le curé de St Lange la visite une fois, mais Julie refuse de le voir. Celui-ci revient une seconde fois dans l'espoir d'être enfin accepté et reçu dans les appartements de Julie. Il tente en vain de la raisonner. Nous nous pouvons ici nous demander à quoi tient l'efficacité de la scène dialoguée. Tout d'abord nous pouvons constater que cette scène oppose deux personnes différentes, et que chacune d'elles est coincée dans sa propre logique, pour finir en montrant que cette scène permet à Balzac de faire sa critique de la société...
Texte étudié :
- Obéir à la société ?... reprit la marquise en laissant échapper un geste d'horreur. Hé ! monsieur, tous nos maux viennent de là. Dieu n'a pas fait une seule loi de malheur ; mais en se réunissant les hommes ont faussé son oeuvre. Nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous ne le serions par la nature. La nature nous impose des peines physiques que vous n'avez pas adoucies, et la civilisation a développé des sentiments que vous trompez incessamment. La nature étouffe les êtres faibles, vous les condamnez à vivre pour les livrer à un constant malheur. Le mariage, institution sur laquelle s'appuie aujourd'hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids : pour l'homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous vous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l'homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglément. Oh ! monsieur, à vous je puis tout dire. Hé bien, le mariage, tel qu'il se pratique aujourd'hui, me semble être une prostitution légale. De là sont nées mes souffrances. Mais moi seule parmi les malheureuses créatures si fatalement accouplées je dois garder le silence ! moi seule suis l'auteur du mal, j'ai voulu mon mariage.
Elle s'arrêta, versa des pleurs amers et resta silencieuse.
- Dans cette profonde misère, au milieu de cet océan de douleur, reprit-elle, j'avais trouvé quelques sables où je posais les pieds, ou je souffrais à mon aise ; un ouragan a tout emporté. Me voilà seule, sans appui, trop faible contre les orages.
- Nous ne sommes jamais faibles quand Dieu est avec nous, dit le prêtre. D'ailleurs, si vous n'avez pas d'affections à satisfaire ici-bas, n'y avez-vous pas des devoirs à remplir ?
- Toujours des devoirs ! s'écria-t-elle avec une sorte d'impatience. Mais où sont pour moi les sentiments qui nous donnent la force de les accomplir ? Monsieur, rien de rien ou rien pour rien est une des plus justes lois de la nature et morale et physique. Voudriez-vous que ces arbres produisissent leurs feuillages sans la sève qui les fait éclore ? L'âme a sa sève aussi ! Chez moi la sève est tarie dans sa source.
"La Femme de trente ans", écrit par Balzac en 1842, nous raconte l'histoire d'une jeune femme, Julie, rêvant du mariage de sa vie avec l'homme qu'elle aime, Victor D'Aiglemont. Mais ce mariage n'est qu'une profonde désillusion, elle est seulement tombée amoureuse de l'image de Vitor et celui-ci la déçoit beaucoup. Elle se réfugie alors en Touraine où elle vit cloîtrée. Le curé de St Lange la visite une fois, mais Julie refuse de le voir. Celui-ci revient une seconde fois dans l'espoir d'être enfin accepté et reçu dans les appartements de Julie. Il tente en vain de la raisonner. Nous nous pouvons ici nous demander à quoi tient l'efficacité de la scène dialoguée. Tout d'abord nous pouvons constater que cette scène oppose deux personnes différentes, et que chacune d'elles est coincée dans sa propre logique, pour finir en montrant que cette scène permet à Balzac de faire sa critique de la société...
Texte étudié :
- Obéir à la société ?... reprit la marquise en laissant échapper un geste d'horreur. Hé ! monsieur, tous nos maux viennent de là. Dieu n'a pas fait une seule loi de malheur ; mais en se réunissant les hommes ont faussé son oeuvre. Nous sommes, nous femmes, plus maltraitées par la civilisation que nous ne le serions par la nature. La nature nous impose des peines physiques que vous n'avez pas adoucies, et la civilisation a développé des sentiments que vous trompez incessamment. La nature étouffe les êtres faibles, vous les condamnez à vivre pour les livrer à un constant malheur. Le mariage, institution sur laquelle s'appuie aujourd'hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids : pour l'homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous vous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l'homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglément. Oh ! monsieur, à vous je puis tout dire. Hé bien, le mariage, tel qu'il se pratique aujourd'hui, me semble être une prostitution légale. De là sont nées mes souffrances. Mais moi seule parmi les malheureuses créatures si fatalement accouplées je dois garder le silence ! moi seule suis l'auteur du mal, j'ai voulu mon mariage.
Elle s'arrêta, versa des pleurs amers et resta silencieuse.
- Dans cette profonde misère, au milieu de cet océan de douleur, reprit-elle, j'avais trouvé quelques sables où je posais les pieds, ou je souffrais à mon aise ; un ouragan a tout emporté. Me voilà seule, sans appui, trop faible contre les orages.
- Nous ne sommes jamais faibles quand Dieu est avec nous, dit le prêtre. D'ailleurs, si vous n'avez pas d'affections à satisfaire ici-bas, n'y avez-vous pas des devoirs à remplir ?
- Toujours des devoirs ! s'écria-t-elle avec une sorte d'impatience. Mais où sont pour moi les sentiments qui nous donnent la force de les accomplir ? Monsieur, rien de rien ou rien pour rien est une des plus justes lois de la nature et morale et physique. Voudriez-vous que ces arbres produisissent leurs feuillages sans la sève qui les fait éclore ? L'âme a sa sève aussi ! Chez moi la sève est tarie dans sa source.
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