Rabelais : Gargantua : Chapitre 46

Rabelais : Gargantua : Chapitre 46 (Commentaire composé)

Introduction : Au début du XVIème siècle en Europe, apparaît un mouvement philosophique, artistique et littéraire : l'humanisme. Bien que revendiquant le fait d'être le seul mouvement à ne pas avoir de manifeste, Gargantua de Rabelais, pourrait être considéré comme tel.

Au chapître 25, une querelle entre Grandgousier et son voisin Piccrochole provoque une guerre au cours de laquelle apparaît un nouveau personnage : Frère Jean des Entommeurs, qui s'est illustré en sauvant son abbaye des soldats piccrocholiens. Après les avoir poursuivi et avoir été fait prisonnier, il se libère de Piccrochole, il l'amène devant Grandgousier. Dans cette page de roman, celui-ci fait preuve de pacifisme et d'une générosité exemplaire.

I - Le plaidoyer d'un pacifiste convaincu : Grandgousier

a. Une argumentation solide et éclairée.

  • Présence de maximes, d'antithèses, d'impératifs qui ont une valeur de conseil, présence du pronom personnel "nous" qui implique Toucquedillon mais aussi le lecteur.
  • Fermeté du ton et de l'expression.
  • De nombreux exemples empruntés à l'Antiquité.

b. Le fond de la doctrine.

  • La recherche de la paix et de la prospérité du pays.
  • Un appel à la raison : Grandgousier réfléchit sur les causes de conflit (surtout en cas de guerre civile)

c. La pratique.

  • A travers un climat de calme, de respect qui se voit à travers le ton utilisé par Grandgousier.
  • Offres de différents cadeaux à Toucquedillon.

Transition : Les qualités de Grandgousier ne s'arrêtent pas là.

II - Un idéal d'honneur et de générosité chrétienne.

a. Honneur et générosité.

  • Sens de l'honneur à la guerre et à la générosité du camp de Grandgousier.
  • Les cadeaux offerts.
  • Contagion de générosité : se voit à travers Frère Jean et Toucquedillon.

b. Une générosité chrétienne.

  • Les appels à Dieu. Les pôles de la religion.
  • Répétition du mot 'moine' pou désigner Frère Jean.

Transition : Rabelais présente ici Grandgousier comme un modèle auquel il prête les principales qualités de son temps.

III - L'art de romancier de Rabelais

a. Grande variété de l'écriture.

  • Discours direct
  • Discours indirect (Toucquedillon car retranscription)
  • Dialogue
  • Beau discours
  • Narration

b. Le sens du détail.

  • Prix de la rançon
  • Le type d'épée offert.

Malgré la lourdeur et la sévérité des thèmes abordés, le message n'est cependant pas indigeste : c'est tout l'art d'un bon romancier.

Conclusion : A l'image de ce chapitre, l'oeuvre, parce que c'est un roman, laisse une marge d'interprétation, de jugement. En effet, ici Rabelais, en utilisant la narration, n'impose pas sa conception du "bon" souverain mais laisse le lecteur aller la tirer, telle la substantifique moelle. Le message n'est pas "prêt à penser" mais nécessite une démarche. Sans rien embrouiller, le message fait réfléchir le lecteur. L'ouvrage a donc un caractère humaniste car il est "ouvert".