Molière

Molière, L’école des femmes, Le tableau des cocus

Introduction

Après le succès de « L’école des Maris », Molière récidive en proposant cette fois une pièce versifiée en cinq actes. Le thème reste le même : il s’agit ici de dénoncer la condition de la femme à travers l’éducation et le mariage. La scène que nous allons étudier se situe dès le début de la pièce et apparaît dans cette longue scène d’exposition (200 vers) comme une parenthèse comique qui nous propose un tableau des cocus et de leur femme. Nous allons faire de ce texte une lecture méthodique qui s’efforcera dans un premier temps de dégager la personnalité d’Arnolphe ; nous nous intéresserons ensuite à un Molière homme de théâtre, étudiant, tour à tour auteur et acteur.

I. Arnolphe

Sa brutalité ordinaire : il se pose au singulier face au pluriel « des maris ». Il s’empare de la parole (« fort bien ») et il relègue le discours de Chrysalde.

Il est au service d’un enseignement : il tient le discours d’un professeur, par le vocabulaire, les espèces et la classification sur le courage.

Arnolphe est cruellement moqueur : il a une sorte de jubilation à insister sur la décision des maris trompés, qui est soutenue par des insultes : « cornard », « infâme », « sot ».

Il symbolise aussi les excès d’un regard judéo-chrétien sur la femme : c’est une traîtresse (aux efforts de son mari succède l’évidence de la trahison « dont sa femme fait part » accentuée par la rime).

L’aisance du mensonge : le verbe « dit » dissimule derrière sa simplicité le stratagème.

Il compare Eve : « en adroite femelle ».

II. Molière auteur

Au niveau de l’écriture, cette scène apparaît comme une respiration, elle n’a pas d’utilité immédiate sur le plan de l’action. La longue scène d’exposition est donc interrompue par cet éclat de rire.

La démarche : cette scène s’inscrit dans la tradition du comique, et derrière Arnolphe on perçoit dans cette scène la jubilation de Molière.

Le tableau : Le cocu actif dont l’activité et l’enthousiasme sont mis en valeur par le verbe « amasser ». Le cocu est montré comme aveugle par l’insistance : « il voit faire tous les jours ». Le cocu brillant par le tableau qui véhicule le charme d’être un autoportrait. Le cocu amphytrien (ou courtois) mis en valeur par les termes « douceur » et « honnêtement ».

III. Molière acteur

La salle des spectateurs devient la ville montrée du doigt par Arnolphe.

L’alternance « l’un-l’autre », « l’une-l’autre » s’imagine volontiers dans une désignation de tel ou tel spectateur à la satisfaction amusée de ceux qui l’entourent.

Un renversement baroque « de nos sots » : la salle devient théâtre et Arnolphe les observe en spectateur.

Conclusion

L’étude de cet extrait nous a donc permis d’emblée de nous familiariser avec la personnalité d’Arnolphe, un personnage que nous retrouvons pour ainsi dire dans presque toutes les scènes de la pièce (personnage central). Cette scène comique ne fait certes, pas avancer l’action; elle apparaît comme une sorte de parenthèse amusante écrite par Molière avec une certaine jubilation. Enfin, l’intérêt majeur de cet extrait n’est-il pas de préparer le plaisir à venir d’un spectateur agressé par le personnage et qui trouvera dans les scènes à venir la pleine satisfaction de sa revanche ?

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