Tartuffe – Acte I scène 1

Molière, Tartuffe – Acte I scène 1 (Commentaire composé)

 

Introduction :

 

Dans cette scène, qui ouvre la pièce de Molière, Madame Pernelle, la mère d'Orgon, dresse un portrait de chaque personnage de la pièce dans un premier temps, puis un portrait débat de Tartuffe va occuper le centre de la scène. Nous allons donc étudier les différents portraits faits par Madame Pernelle, puis nous nous intéresserons aux différents points de vue des personnages de la scène concernant Tartuffe.

 

I). Portraits par Madame Pernelle.

 

            1) . Présentation des personnages.

 

On remarque dès le vers 1 l'anaphore du terme « allons » qui marque d'entrée le mouvement et la vitesse de l'action :

-         Apparition d'Elmire au vers 5

-         Entrée en scène de Damis au vers 16

-         Entrée en scène de Marianne au vers 21

-         Entrée en scène de Cléante au vers 33

A chaque prise de parole d'un des personnages, Madame Pernelle s'empresse de couper la parole pour dresser un portrait péjoratif du personnage.

 

            2). Portraits.

 

Madame Pernelle apparaît tout au long de cette scène odieuse et en désaccord avec chaque personnage. L'anaphore « laissez » (vers5) marque bien ce désaccord, ici entre Elmire et Madame Pernelle. « Ma bru », connotation péjorative, qui marque la méchanceté de la vieille femme.

Madame Pernelle dresse des portraits malveillants de chaque personnage. Chaque portrait définit la nature, le type et le caractère. Effectivement, Damis est irréfléchi, Dorine n'hésitera pas non plus à bafouer son maître. Elle fait de Marianne une hypocrite qui dissimule sous une fausse apparence sa vraie nature. Elle compare sa deuxième « bru » à la première qui est morte. Elle accuse chaque personnage de mettre en danger la famille.

 

            3). Portraits démentis dans la suite de la pièce.

 

La suite de la pièce mettra chaque personnage dans une situation telle qu'il démentira le jugement particulier que Madame Pernelle portait sur lui. En effet, Damis donnera du tourment à Orgon mais ce sera dans une but bienveillant, Marianne va se montrer très naïve dans son amour envers Valère mais non hypocrite.

Chaque personnage va lutter pour le bien de la famille. Tous les membres de cette famille adopteront des attitudes qui justifieront le jugement de Madame Pernelle, mais dans le cours de l'action. Ils les utilisent comme moyen et non comme fin, vision de la réalité inversée de Madame Pernelle.

Madame Pernelle renseigne sur les personnages : fonction informative. La fonction du portrait est performative (chaque parole est action).

 

II). Portrait débat de Tartuffe.

           

1). Deux clans apparaissent.

 

Damis définit Tartuffe comme « cagot de critique » (v. 45 à 48). Tartuffe utilise le verbe « usurper » pour qualifier Tartuffe. Tartuffe est un usurpateur. Le terme « pouvoir tyrannique » nous renseigne que Tartuffe veut exercer une autorité absolue. Ironie et mépris de Damis dans : « ce beau monsieur là ». Dorine qualifie à son tour Tartuffe de « critique zélé » (v.50), terme péjoratif : qui va toujours dans l'excès. Dorine reprend le terme de l'usurpation. Le portrait de Tartuffe est de plus en plus concret. La critique est retournée par Madame Pernelle en éloge dithyrambique : « chemin du ciel » (v.53). Deux clans s'affrontent donc : Madame Pernelle contre les autres personnages. Tartuffe est la source d'un antagonisme.

 

            2). L'intrigue est annoncée.

 

Vocabulaire hyperbolique de la censure moral : « critique zélé ». Faux prétextes allégués par le faux dévot qui va justifier la morale sévère.

 

Conclusion :

 

Dans cette scène d'exposition, des caractères apparaissent (caractère autoritaire de Madame Pernelle) et des clans se forment. Un conflit va naître au sujet de Tartuffe, et c'est ce conflit qui va annoncer l'intrigue à venir au cours de la suite de la pièce.