Arthur Rimbaud : Une Saison en Enfer : Vierge Folle : Je suis veuve...
- Vous allez pouvoir accéder au commentaire d'un extrait du poème "Vierge Folle" tiré du recueil "Une Saison en Enfer" d'"Arthur Rimbaud".
- Ce fichier contient un commentaire composé détaillé avec TROIS parties principales, une introduction et une conclusion.
- PASSAGE : Voir extrait étudié ci-dessous.
Extrait du commentaire :
Le texte que nous allons étudier est un extrait de Vierge folle écrit entre 1872 et 1873, période évoquant la vie que menèrent Rimbaud et Verlaine. Ce poème a été écrit après la séparation des deux poètes. Arthur Rimbaud, né en 1854 fut élevé par sa mère, il se fait vite remarquer pour ses vers en latin. Il fait plusieurs fugues, va même jusqu'en Belgique et écrira pendant ses voyages plusieurs poèmes.
La relation avec Verlaine débutera en 1871, mais se concrétise de Septembre 1872 à Avril 1873. Rimbaud rédigera Une Saison en Enfer (20 pages de poèmes en prose versifiés qui tirent un bilan des aventures poétiques spirituelles du couple Rimbaud Verlaine).
Une saison est une période très courte et « en enfer » marque la débauche de la violence des personnes, c'est un excès de leur vie. Rimbaud veut rompre cette damnation.
Vierge folle est un titre duel et doux, la vierge folle désigne Verlaine et l'époux infernal, Rimbaud.
Afin de répondre à la problématique, « quelle est la place de ce poème dans l'itinéraire de Rimbaud ? », nous verrons dans un premier temps le portrait de Rimbaud par Verlaine, puis en second temps lieu, le portrait de Verlaine par Rimbaud et enfin, un jeu de miroir...
Texte étudié :
Je suis veuve... - J'étais veuve... - mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette !... - Lui était presque un enfant... Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je sais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! - c'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme.
Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers...".
Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang. - Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol : tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai...". Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui ! - Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. - "On me coupera vraiment le cou ; ce sera dégoûtant." Oh ! Ces jours où il veut marcher avec l'air du crime !
Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. - Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. - Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. - Je le suivais, il le faut !
Le texte que nous allons étudier est un extrait de Vierge folle écrit entre 1872 et 1873, période évoquant la vie que menèrent Rimbaud et Verlaine. Ce poème a été écrit après la séparation des deux poètes. Arthur Rimbaud, né en 1854 fut élevé par sa mère, il se fait vite remarquer pour ses vers en latin. Il fait plusieurs fugues, va même jusqu'en Belgique et écrira pendant ses voyages plusieurs poèmes.
La relation avec Verlaine débutera en 1871, mais se concrétise de Septembre 1872 à Avril 1873. Rimbaud rédigera Une Saison en Enfer (20 pages de poèmes en prose versifiés qui tirent un bilan des aventures poétiques spirituelles du couple Rimbaud Verlaine).
Une saison est une période très courte et « en enfer » marque la débauche de la violence des personnes, c'est un excès de leur vie. Rimbaud veut rompre cette damnation.
Vierge folle est un titre duel et doux, la vierge folle désigne Verlaine et l'époux infernal, Rimbaud.
Afin de répondre à la problématique, « quelle est la place de ce poème dans l'itinéraire de Rimbaud ? », nous verrons dans un premier temps le portrait de Rimbaud par Verlaine, puis en second temps lieu, le portrait de Verlaine par Rimbaud et enfin, un jeu de miroir...
Texte étudié :
Je suis veuve... - J'étais veuve... - mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette !... - Lui était presque un enfant... Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je sais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! - c'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme.
Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers...".
Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine : mes pères étaient Scandinaves : ils se perçaient les côtes, buvaient leur sang. - Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol : tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai...". Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui ! - Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. - "On me coupera vraiment le cou ; ce sera dégoûtant." Oh ! Ces jours où il veut marcher avec l'air du crime !
Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. - Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. - Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. - Je le suivais, il le faut !
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