Voltaire

Voltaire, Zadig, Chapitre 7, Les disputes et les audiences

Introduction

Le passage étudié est le chapitre 7 de « Zadig » : Les disputes et les audiences. « Zadig » est une œuvre de Voltaire, auteur du 18ème siècle, siècle des Lumières. Déçu par l’infidélité de ses deux compagnes successives, condamné pour avoir fait preuve d’esprit critique puis innocenté, victime de la jalousie de l’Envieux, lauréat du prix de générosité puis nommé premier ministre, Zadig doit trancher les questions d’ordre général et privé, notamment en matière de religion. Dans ce chapitre, Zadig, admiré de tous, met en accord deux sectes opiniâtres opposées puis les mages blancs et les mages noirs, prouvant ainsi son mépris pour les rites et la superstition.

I. Zadig, ministre d’un monarque éclairé

A. Les tâches du premier vizir Zadig

Les tâches politiques, économiques, sociales etc … qui sont les tâches habituelles sont « expédiées » le matin.

Les arts et les lettres : Il y consacre « le reste du jour » : travaux d’urbanisation, amélioration de la vie du peuple par l’amélioration des conditions de vie. Le prestige de la nation passe par la beauté de son architecture. Zadig favorise le théâtre (tragédie et comédie du 17ème siècle) qu’affectionne Voltaire (mais n’étaient plus à la mode au 18ème siècle). Voltaire a ici l’intention de faire l’éloge de Louis XIV. Zadig, contrairement à certains chefs d’états et ministres reste très modeste et n’est jamais jaloux des talents des artistes. Il a toutes les qualités du ministre philosophe. Il incarne ce que Voltaire considérait comme l’idéal en politique.

L’éducation du peuple par la raison : Zadig a compris que le peuple sera toujours tenté par le fanatisme s’il n’est pas éduqué à la liberté de pensée. C’est pourquoi, lorsqu’il va régler les querelles entre les sectes, ses réponses ne favoriseront ni un camp ni un autre car il considère que l’on peut tolérer les différences des autres dans les domaines du rite religieux : il pousse ainsi le peuple vers l’indépendance intellectuelle. Quand il s’exprime en public, il utilise le « style de la raison » (cf. Chapitre 3 où il a un style sobre, clair) par opposition au « bon style oriental », à la mode à l’époque et préconisé par l’envieux et sa femme.
Zadig souhaite que le peuple soit éduqué à penser librement, mais on constate que c’est loin d’être gagné, car les gens se contentent de l’imiter.

B. Les dangers de la position de Zadig

Un peuple fanatique :

L’admiration du peuple pour Zadig est unanime : voir le recours à la généralisation « tous », aux substantifs génériques comme « citoyens », « hommes », « femmes », « empire » et aux pluriels : « les savants », « les prêtres ».
Cette confiance est universelle : « L’univers avait les yeux sur ses deux pieds » (hyperbole humoristique).
Ce peuple a été trop longtemps maintenu dans l’ignorance, dans l’obscurantisme pour pouvoir faire preuve de modération et d’autonomie : « on ne croyait que … croyable » : Le peuple n’est pas capable de penser par lui-même, il a l’instinct grégaire. De plus, le narrateur insiste lourdement à la fin du troisième paragraphe en utilisant le parallélisme syntaxique « non pas parce que … », qui souligne l’échec de Zadig dans son rôle d’éducation du peuple. Le despotisme même éclairé présente des dangers tant que le peuple n’a pas été éduqué.

Des qualités qui séduisent la reine : affection réciproque entre Astarté et Zadig. Cette idée est exprimée avec humour à la fin du cinquième paragraphe : parallélisme qui soutient une opposition, une antithèse entre les sentiments du roi à l’égard de Zadig et ceux de la reine.

II. La critique de la religion et l’idéal voltairien de tolérance

L’extrait met en scène Zadig dans la résolution de conflits opposants des groupes qui ont adoptés des positions excessives pour des sujets sans importance.

A. L’excès dans les conflits

Dimension gigantesque des querelles.

Les prises de position sont excessives : connotations négatives : « sectes opiniâtres », « champ lexical de la certitude absolue (« prétendait », « il ne fallait jamais », « assuraient »), absence de nuances et utilisation d’un vocabulaire fort (« abomination », « impiété », « dieu avait en horreur »).

B. Le peu d’importance des rites

Zadig est le porte-parole de Voltaire et les décisions qu’il prend pour régler les querelles démontrent qu’à ses yeux les rites ont peu d’importance. Zadig comme Voltaire considère qu’on doit rester libre par rapport aux rituels. On doit tolérer les différences des autres et se garder de tout fanatiser.

C. La critique des hommes d’Église

Les sectes : Voltaire choisit de nous présenter le monde religieux à travers deux sectes qui s’opposent et des mages pour nous démontrer l’intolérance des religieux et leur sectarisme.

Allusion aux catholiques et aux protestants : ils sont présentés sous l’habit des mages blancs et noirs et deviennent complètement ridicules et fanatiques. Voltaire reproche aux catholiques et aux protestants d’entretenir le peuple dans la crédulité et l’ignorance, en l’obligeant à pratiquer certains rituels, leur permettant ainsi d’exercer un contrôle.

Conclusion

Zadig incarne l’idéal du ministre philosophe qui éclaire de ses lumières le despote. Mais l’éducation du peuple à l’esprit critique se révèle être une tâche délicate et de longue haleine. Par ailleurs, les qualités de Zadig séduisent la reine et constituent une annonce probable de ses futurs malheurs. Enfin, ici encore, grâce au récit des aventures du ministre, Voltaire procède à une satire violente de la religion. Cette religion est fanatique et ridicule par son attachement aux rites, et entretient le peuple dans son ignorance et son absence d’indépendance intellectuelle.

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